9/10Blue Bayou - Lyon

/ Critique - écrit par camite, le 13/06/2004
Notre verdict : 9/10 - The adventures of Bayou Dany (Ecrivez votre critique)

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La restauration, Daniel Guillot y touchait déjà en 1973. Dans la Loire, il ouvre avec son frère cuisinier un établissement dont il aimerait faire un club de blues, «pour attirer la clientèle de Saint-Etienne». Mais le frère préfère la chanson française, Brel, Brassens. Une divergence qui aura raison de leur collaboration. Après des activités de barman ou de vendeur de café, Daniel se lance en 1976 dans les transports, «une activité passionnante». A 48 ans, il se retrouve au chômage. «Ça a été un choc terrible, mais j'ai pris la chose comme une challenge. C'était le moment de me lancer».

Deux ans plus tard, un diplôme de gestion en poche, il ouvre le Blue Bayou, rue de Bonald (quartier de la Guillotière) à Lyon. «A l'époque, ce local qui a toujours été un restaurant n'était pas très cher. Et puis je voulais m'installer dans ce quartier d'avenir, près des facultés, à proximité du centre géographique de Lyon». Dès le départ, l'idée consiste à proposer un ensemble cohérent : décor et cuisine typiques de Louisiane, accompagnés de musique blues ou jazz (avec parfois des prestations live). Un concept sans équivalent sur Lyon, voire sur tout l'hexagone.

Une rareté plutôt étonnante lorsque l'on sait que le quartier français de La Nouvelle-Orléans regorge de restaurants français. «Il est vrai que la Louisiane a été un peu oubliée par les Français, volontairement ou non, depuis que Napoléon l'a vendue aux Américains en 1803. Là-bas, en revanche, ils n'ont pas la moindre rancoeur, on voit des drapeaux français partout, et l'accueil est formidable. Au bout de trois jours, on ne peut que se sentir chez soi». En effet, les Cajuns (un quart des quatre millions d'habitants de l'Etat de Louisiane) sont de descendance française et parlent «deux ou trois sortes de Français, avec du patois, du Franglais... C'est un Français très imagé».

Pour Daniel, qui a «toujours aimé faire la cuisine et voyager», la Louisiane représentait «un rêve d'enfant». A 14-15 ans, en pleine période yé-yé, lui n'écoute que du jazz, dont La Nouvelle-Orléans est le berceau. Il s'y rendra logiquement plusieurs fois par la suite. «C'est vraiment une vie à part. Bourbon Street, par exemple, c'est Pigalle puissance dix. Il y a des orchestres à tous les coins de rue, énormément d'animation avec tous les touristes, les gris-gris vaudous dans les quartiers noirs... et je ne parle même pas du carnaval de mardi-gras, qui dure quinze jours là-bas».

Le Blue Bayou s'attache donc à restituer cette atmosphère unique et cette «cuisine un peu campagnarde mais plus pimentée» qui évoque aussi bien la Provence et le Pays Basque ou le Créole. Vous pourrez donc vous régaler de Jambalayas au poulet, de conviviaux Gumbos ou de sandwichs Po Boys. «Les Américains installés ou de passage à Lyon viennent me voir quand ils ont le mal du pays. Je me souviens d'une étudiante de Louisiane qui s'est arrêtée stupéfaite devant le restaurant : C'est pas possible, c'est comme chez moi ! Je lui ai fait un Po Boys, elle était toute contente».

Le Blue Bayou peut même se targuer d'une certaine renommée outre-Atlantique. En 1998, le gouverneur de Louisiane Mike Foster JR a adressé une lettre amicale à Daniel Guillot. Il avait eu connaissance du restaurant par un professeur de l'Université de Baton Rouge qui, de passage en France pour des stages de droit américain à Lyon 2, avait découvert l'établissement et apprécié sa cuisine.

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