7.5/10Boujenah (Michel) - Les nouveaux magnifiques

/ Critique - écrit par Nicolas (), le 25/09/2005
Notre verdict : 7.5/10 - Les Nouveaux Magnifiques (Ecrivez votre critique)

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« Pourquoi est-il si difficile d'aimer ceux qu'on aime ? »

Michel Boujenah, bien qu'il soit surtout connu pour son rôle dans « Trois Hommes et un Couffin » (qu'il reprendra dans la pitoyable suite de 2003), est avant tout un homme de scène. Il a commencé en tant que tel, et il ne se voit pas encore abandonner ce petit plaisir qu'il s'offre en montant sur scène. Si, sur ce point là, il n'a pas toujours noué avec le succès, c'est avec Les Magnifiques (1984) qu'il obtient ses lettres d'or d'humoriste, en peignant la vie des juifs tunisiens en France. Alors qu'il approche des 53 ans, il montre encore une fois, avec Les Nouveaux Magnifiques, que son humour est loin d'être has been...

La première chose qui serait à préciser, c'est que le Boujenah scénique n'a rien à voir avec le Boujenah du quotidien médiatique, mis à part la profonde sympathie qu'il dégage envers son public. Avec le minimum d'accessoires, soit une chaise, un foulard blanc, et un vieux chapeau feutré, le comédien dégage une énergie peu commune et parvient à occuper l'espace en quelques grands gestes et sautillements. L'essentiel, apparemment, est de faire plaisir en prenant plaisir, ce qu'il fait dans la sueur et l'exubérance, s'agitant comme un diable et riant lui-même à plusieurs reprises de ses propres clowneries. Qu'il soit perché sur un balcon fictif sous les traits de Simone Boutboul pour un Roméo & Juliette très contemporain, ou qu'il aborde la sexualité de couple en s'imaginant un fils familialement décomplexé, tout demeurera dans le plus simple appareil et sera alimenté par le bonheur d'un comédien renouant avec la scène. A la moindre occasion, il n'hésite même pas à se moquer des premiers rangs ou des quelques spectateurs qui se font remarquer, parfois dans la récurrence, parfois sur la longueur, sans jamais être méchant, sans jamais montrer de lacunes de répartie. Et cela, même lorsqu'il s'emmêle dans son propre texte.
En se (re-)mettant en scène lui-même avec ses trois papys « juifs-tunisiens », les Magnifiques, Boujenah livre un spectacle humoristique teinté de fines petites épices de réflexion sur le choc des générations et la transmission du savoir. Je dis « fines », car un certain chaos règne sur le fil scénaristique pour autant qu'il existe, malmené par le parler de haut vol du comédien et la multitude de personnages qu'il essaye de mettre en forme. Si bien que le final du spectacle, amené dans une optique plus intellectuelle, nous atterrit un peu comme un poil sur la soupe, sans palier de décompression. Surtout que le créneau sur lequel il bataille se destine, vraisemblablement, à une génération de personnes déjà avancée, qui sera sans aucun doute conquis sur la totalité. Ce qui ne sera pas forcément le cas des générations plus jeunes, à n'en pas douter aussi....

1h30 d'humour à la Boujenah, très à l'aise sur scène dans des rôles qu'il maîtrise à la perfection. Problème, le comédien montre parfois du mal à clairement se faire comprendre dans sa mise en scène, et affiche quelques longueurs dans son humour. Néanmoins, un spectacle sympathique pour un acteur / réalisateur (ne l'oublions pas) très sympathique.

" Les gens que l'on aime, on les rencontre pas, on les reconnait."

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