6.5/10Chessboxing

/ Critique - écrit par Kei, le 30/11/2006
Notre verdict : 6.5/10 - Et je tape tape tape, c'est ma façon d'aimer... (Ecrivez votre critique)

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Les nouveaux sports se suivent et se ressemblent. Sans doute parce qu'ils sortent quasiment tous des mêmes milieux, souvent celui des sports de glisses, et qu'ils recherchent quasiment tous le surplus d'adrénaline. Plus vite, plus fort, plus spectaculaire semblent être les maîtres mots. Découvrir dans ce contexte le chessboxing est assez étonnant. Ce sport, sorti tout droit d'une bande dessinée (La Trilogie Nikopol, d'Enki Bilal), est complètement différent. L'idée est d'alterner des round de boxe anglaise avec des rounds d'échec. Dans la bande dessinée, les athlètes cherchent à devenir des hommes parfaits, ultimes aussi bien sur le plan physique qu'intellectuel, grâce à plusieurs disciplines. Le chessboxing se limite au noble art et au échecs, censés être les parangons des sports physiques et cérébraux.

Les règles sont tout ce qu'il y a de plus simple : on alterne un round de 4 minutes d'échecs, et un round de 2 minutes de boxe. Un match dure 11 round au total, et commence par les échecs. Entre chaque round, on laisse une minute de pause, le temps pour les adversaires de remettre ou d'enlever les gants, et pour les organisateurs d'installer ou d'ôter la table de jeu.

Les rounds d'échec se jouent en "Blitz". Chaque joueur dispose d'un capital de 12 minutes au début de la rencontre, qu'il dépense comme il veut. Il faut cependant jouer vite, car on peut facilement arriver à épuiser son temps, et ainsi perdre la partie.

Car une partie peut se gagner indifféremment aux échecs ou à la boxe. On peut gagner aux échec lorsque l'adversaire a dépensé toute sa réserve de temps ou lorsque l'on gagne par échec et mat. A la boxe, on peut gagner par KO, ou par décision de l'arbitre. Si à la fin de la partie, il n'y a pas eu de vainqueur aux échecs, le protagoniste ayant le plus haut score à la boxe gagne la partie. En cas d'égalité, le joueur noir gagne la partie.

Je ne peux rien dire sur les sensations que procure le jeu, n'étant ni un joueur d'échec ni un boxeur. Mais en tant que spectateur, c'est très intéressant. On voit les différentes tactiques qui se mettent en place. Entre celui qui tente de faire un match nul aux échecs pour gagner aux points et celui qui joue le temps sur le ring pour être frais devant le plateau, les enjeux ne sont pas les même. On sent les variations de la pression qui pèse sur les participants au cours de la partie. Les commentateurs (un pour chaque discipline) sont d'une grande aide. Sans eux, ce sport pour le moins particulier pourrait être particulièrement obscur. Ceci dit, commenter une phase de réflexion reviens vite à tourner en rond. Il faut un vrai talent pour meubler dans ces situations où il ne se passe rien.

J'ai pu assister au premier match de chessboxing fait en France lors des Utopiales 2006. Et ce qui en ressort, c'est que si sur la fin le public était conquis, il est resté très froid durant la rencontre. Le fait qu'il n'y ai parmi eux qu'un pourcentage minime de boxeurs ou de joueurs d'échec y est sans aucun doute pour quelque chose, mais ce n'est pas la seule raison. Les phases d'échecs se prêtent mal à un enthousiasme débordant, et la boxe n'a rien d'extremement spectaculaire.

Hélas, on peut parier sans trop de risques que ce sport atypique ne rencontrera pas un grand succès. Il y a trop peu de joueurs potentiels, et encore moins d'amateurs capables d'apprécier à leur juste valeur les deux aspects d'une rencontre.

Sachez tout de même que si jamais vous êtes intéressé, la WCBO (World Chess Boxing Organization) cherche toujours des nouveaux joueurs. Un niveau minimum aux échecs et une expérience de la boxe sont requis.

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