Eurockéennes 2009 - 1er jour

/ Compte-rendu de concert - écrit par nazonfly (), le 20/07/2009

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Une première journée riche avec The Feeling of Love, Emiliana Torrini, les Wampas, King Khan and the Shrines, Ghinzu, Yeah Yeah Yeahs, Rolo Tomassi, Alela Diane, The Prodigy, The Bronx, Kap Bambino...

Cette vingt-et-unième édition des Eurockéennes s'annonce largement moins bonne que les précédentes, comme si petit à petit l'esprit du festival se perdait un La Chapiteau côté coulisses
La Chapiteau côté coulisses
peu dans la mouvance rock actuelle qui semble ne proposer que de fades copies d'une même musique, oscillant entre rock à mèche ennuyeux à mourir et  electro-pop barbante : Phoenix, Charlie Winston ou encore Peter Doherty auxquels s'ajoutent des têtes d'affiche bien loin d'un esprit rock de la Presqu'île de Malsaucy : Olivia Ruiz, Oxmo Puccino, Sefyu ou encore Kanye West. Tout au plus, les revenants de NTM ou The Prodigy semblent redonner du lustre d'antan au Eurockéennes. Et quand les soucis judiciaires de Joey Starr compromettent la venue de NTM, ou que Mos Def est annulé à la dernière minute, on peut se poser des questions sur l'accueil qu'allait réserver le public aux artistes.

Warm-up au camping

Pour cette cinquième édition (après 2004, 2005, 2006 et 2008), je décidais retourner au camping. Un camping qui a plutôt évolué même si l'ambiance, les douches froides, les toilettes pittoresques et les « apéro, apéro » lancés à travers les tentes sont toujours au rendez-vous... La nouveauté : la présence d'une soirée spéciale dès le jeudi, pour se chauffer aux rythmes des DJ, plus ou moins célèbres, comme Vitalic ou DJ Mujava. Poussé par la curiosité, je vais ainsi échauffer guiboles et cervicales sur les boumboum très répétitifs. Une façon plutôt sympathique de lancer un week-end qui s'achèvera sûrement sur les rotules.

Entre la folk d'Alela Diane et l'electro de Prodigy

C'est donc le lendemain que les choses concrètes commencent. Le début d'après-midi est en général réservé aux groupes lauréats des tremplins et c'estainsi que nous nous dirigeons vers la Loggia pour jeter un coup d'oeil sur The Feeling of Love, vainqueur lorrain des repérages. Après cinq minutes d'écoute, on est difficilement convaincus par le groupe et Emiliana Torrini nous attend sous le L'Islandaise Emiliana Torrini
L'Islandaise Emiliana Torrini
chapiteau. Ni une, ni deux, nous quittons donc la Loggia pour assister au show de l'Islandaise.

Sur album, Emiliana Torrini propose une pop plutôt fraîche, et on se demande rapidement comment un si petit pays peut-il exporter autant d'admirables chanteurs. L'ensemble sur scène est appréciable, sans atteindre pour autant le petit doigt de pied de Sigur Rós. Le public est plutôt réceptif et lui pardonne ses petits oublis de paroles. Emiliana Torrini ne parvient en tout cas pas à nous emmener ailleurs, mais elle réussit à proposer un début de festival tranquille et agréable.

Nous nous rendons ensuite sur la Grande Scène où sévissent les Wampas. Si concrètement nous ne nous attendons à rien concernant le groupe devenu subitement énorme suite à leur titre "Manu Chao", il faut bien dire que musicalement ce n'est pas extraordinaire et vocalement que Didier Wampas est proche de la catastrophe. Pourtant, il est sans doute l'un des meilleurs représentants de l'esprit rock de ce week-end. Il saute, il hurle, il slamme sur la foule, parfois juché sur une chaise. Le final de son spectacle est mémorable puisque sur Où sont les femmes, des dizaines et des dizaines de demoiselles envahissent la scène et Didier slammera une nouvelle fois sur elles ! Vraiment un grand show !

Le prochain choix doit se faire entre Oxmo Puccino, le rappeur français ennuyant comme la pluie, et King Khan and the Shrines estampillés garage soul. Direction Ghinzu toujours aussi tranchant
Ghinzu toujours aussi tranchant
donc la Plage pour assister au concert des Canadiens. Ambiance très kitsch pour ce show (comme d'ailleurs dans une bonne moitié des groupes de ce week-end...). Musicalement par contre, la funk se dispute à la soul et peine à nous  convaincre. Nous ne restons donc pas longtemps et préférons nous rendre sur la Grande Scène pour Ghinzu. Et c'est un véritable mur de basse qui nous attend. Le son est tout simplement très très fort, trop sans doute (cela restera d'ailleurs une constante sur la Grande Scène). Par contre, voir Ghinzu dans ces conditions, nous montre le chemin parcouru par ces Belges qui n'ont désormais quasiment plus rien à envier à des groupes comme Muse. Malheureusement le concert s'interrompt au bout d'une petite demi-heure avec une grosse coupure de courant sur "Do you read me". Malgré les efforts des techniciens et la bonne humeur de Ghinzu, les problèmes techniques ne seront pas résolus, et c'est la mort dans l'âme que nous nous retrouvons sous le chapiteau pour les Yeah Yeah Yeahs.

Ce que nous avions un peu trop vite rangé dans la catégorie « rock de putafrange et donc complètement inintéressant » s'est au contraire révélé vraiment dansant et pêchu, grâce notamment à une Karen O. miaulant comme une chatte qu'on égorge. Si on ajoute un public vraiment à fond, le résultat est tout simplement un bon concert et en tout cas idéal pour nous chauffer avant Rolo Tomassi. Un groupe de Allez la Diane !
Allez la Diane !
metal progressif... euh pardonnez-moi de mathcore, emmené par des musiciens qui semblent franchement jeunes et une chanteuse dont la voix fluette devient subitement gutturale. Etonnant, mais rapidement aussi pénible que du prog pur jus. La technique a, une nouvelle fois, tué l'âme. Ce qui forme une transition idéale pour Alela Diane.

En deux albums et un album de reprise (The Silence of Love), la Californienne est devenue une valeur sûre de la folk. Accompagnée notamment de son père à la guitare et de sa sœur aux chœurs, elle enchante le public présent à la Plage. L'endroit est idyllique : la nuit est tombée et une belle lune brille sur les eaux de l'étang du Malsaucy. De fabuleuses conditions pour apprécier la chaude voix d'Alela Diane. Tout simplement le meilleur concert de la journée. Ce qui n'est pas le cas des Naive New Beaters,  l'un des groupes hype du moment se révèle sur scène parfaitement anecdotiques.

Il faut dire que nous attendons l'une des attractions de ces Eurockéennes : les Anglais de Prodigy, fer de lance de la scène électro des années 90, qui investissent enfin la Grande Scène. Evidemment, ce seront surtout les titres de The Fat of the Land ("Firestarter", "Breathe" ou l'ultra attendu "Smack my bitch up") ou Music For the Jilted Generation ("Poison", "Voodoo People") qui enthousiasmeront la foule, ceux du dernier album étant soit moins connus, soit moins efficaces. Mais rien que d'entendre enfin les titres de nos jeunes années en version live donne de l'énergie à revendre et fait sauter le public des Eurockéennes.

Pour terminer la journée sans nous refroidir, nous décidons de voir The Bronx et on peut dire que c'est vraiment le bronx sur scène pour ce combo metal-punk étatsunien. Un nom à retenir, même si l'enchaînement des "C'est la Fête Nationale Américaine" et "I love Jesus" pourrait rebuter le spectateur français. Enfin nous restons à la Loggia pour Kap Bambino, un duo de toulousain avec des machines que n'auraient pas renié Atari Teenage Riot et une chanteuse/performeuse endiablée. Un troisième concert à la suite qui déménage et une des bonnes surprises de ces Eurockéennes. Un premier jour qui s'achève avec des déceptions, quelques découvertes et des groupes reconnus qui ont su faire le show.

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