Eurockéennes 2009 - 2ème jour

/ Compte-rendu de concert - écrit par nazonfly (), le 21/07/2009

Temps de lecture estimé de l'article : 5 minute(s) - 4 réactions

Deuxième journée des Eurockéennes avec You and You, Sophie Hunger, Schwefelgelb, The Answer, Solange La Frange, Groundation, Tricky, Olivia Ruiz, Torche, Kylesa, Monotonix, Kanye West, Passion Pit, Amanda Blank, Birdy Nam Nam...

Après une courte nuit de non-repos, c'est une deuxième journée qui s'ouvre à nos oreilles, une journée très électro qui n'oubliera pas pour autant de nous emmener sur des territoires pop, métal ou hip-hop. Ce sont quelques gouttes qui vont accueillir le festivalier à l'ouverture de ce samedi : elles auront heureusement la bonne idée de ne pas se multiplier. C'est donc dans une atmosphère clémente que nous découvrons You and You, un groupe français présent à Belfort dans le cadre de l'opération Paris Jeunes Talents. Leur musique douce et tranquille est un délice pour les oreilles et caresse notre fibre musicale. Certains pourraient dire que leur pop sent un peu trop la guimauve, mais si guimauve il y a, c'est assurément de la bonne guimauve.

La Suisse Sophie Hunger est plus connue et bénéficie d'un bouche à oreilles conséquent. Pourtant son show pop/folk au Chapiteau est très loin d'être extraordinaire. Avant de nous faire fuir vers Schwefelgelb, elle a juste le temps de massacrer "Le vent nous portera" de Schwefelgelb
Schwefelgelb
Noir Désir. Un concert franchement à oublier. Si le vendredi a vu la victoire de Kap Bambino sur le public de la Loggia, le samedi allait voir celle de Schwefelgelb, un duo machine/chanteur qui défonce tout ce qui passe avec de l'électro-rock aux petits oignons. Si on précise que le chant est exclusivement en allemand, que le groupe est accompagné de deux danseurs vêtus d'une combinaison en peau de panthère et d'un chapeau melon, et on se dit vraiment qu'on est perdus dans un autre monde, mais un monde franchement plus excitant que le nôtre !

Quelques minutes devant The Answer, cheveux longs, pantalons moulants, nous apprennent que, non, le hard-rock n'est pas mort et que, oui, il peut être terriblement dansant. Sur la Grande Scène, c'est la classe totale et ils remplacent avantageusement Airbourne. Mais que cela doit dit, les Eurockéennes 2009 sont électro-rock ou ne seront pas. Solange La Frange est classée dans la même mouvance. Elle joue, elle aussi, sur le kitsch avec son nom de scène, ses danseurs aux couleurs flashy et aux t-shirts ornés de ses initiales... S, L, F. Sa musique par contre est plutôt bonne à écouter pour passer le temps, mais trop molle pour être inoubliable. La Plage étant surbondée pour The Asteroids Galaxy Tour, c'est devant Groundation que nous posons notre aimable séant tout en grignotant un bout. Groundation fait dans un reggae sans grande originalité, et c'est d'un œil morne et d'une oreille paresseuse que nous suivons leur concert.

Tricky tout simplement
Tricky tout simplement
Heureusement l'un des shows du week-end se prépare sous le Chapiteau. Adrian Thaws, alias Tricky, ancien membre de Massive Attack et pilier incontournable du trip-hop, va faire bouger la foule de manière incroyable. Sa présence sur scène est impressionnante et éclipse la chanteuse, pourtant fort jolie, qui l'accompagne. Tous les regards ne sont tournés que vers lui, sa voix, son charisme indubitable. Apparemment très très content d'être aux Eurockéennes (il ira même slammer sur la foule), il ne semble pas voir le temps passer. Et la communion avec le public est telle qu'il reste sur scène, enchantant les festivaliers pendant de longues minutes. Plus d'une demi-heure de rab pour un concert exceptionnel : autant dire que les artistes pouvant se permettre ça sont plutôt rares ! On plaint les personnes qui se sont occupés du changement de plateau...

Après un tel concert, Olivia Ruiz sur la Grande Scène paraît bien mauvaise, malgré la présence de Mathias Malzieu de Dionysos et accessoirement boyfriend de l'ex-staracadémicienne. Direction donc la Loggia pour un concert qui s'annonçait lui aussi comme potentiellement intéressant avec les metalleux américains de Torche, Kylesa et le groupe à voir du week-end, Monotonix. Torche ne restera pas dans les anales des Eurockéennes : un show Kylesa
Kylesa
metal carré, lourd et suitant qui fait danser les cervicales mais pas plus. Puis viennent les trois membres de Monotonix dont la marque de fabrique est de jouer dans le public. Le gratteux de service reste perché au bord de la scène, mais le batteur et le chanteur se jettent rapidement dans la foule qui les entoure. Seul bémol : si vous êtes loin du point de chute, il y a peu de chance que vous voyiez grand chose de la moitié du concert. Seuls les quelques dernières minutes du show très rock seventies comblent les attentes puisqu'enfin ils se font porter le public et donnent toute la mesure de leur étonnant concert. Mais de ce triptyque qui s'enchaîne presque sans temps mort, c'est bien Kylesa qui remporte le vote du public. Une chanteuse à la voix gutturale et un chevelu venu tout droit du fond des âges proposent, enfin, un métal bourrin qui ne ressemble pas à une soupe aux gros grumeaux. On avait failli attendre !

Quelques secondes de Kanye West en passant, juste le temps de voir que ses danseuses sont seins nus, quelques minutes devant Passion Pit, pop rock sympathique pour les putafranches. Aussitôt vu, aussitôt oublié. Nos errances s'achèvent avec le show d'Amanda Blank passablement ennuyeux au départ : deux DJ derrière leurs platines scratchent à tout va du son electro/hip-hop. L'arrivée de celle qui donne son nom au groupe apporte un plus indéniable, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard, bien loin de Kap Bambino ou Schwefelgelb.

Si la France n'est pas reconnue pour être le pays du rock, elle semble se faire une place importante dans le monde de l'électro et Birdy Nam Nam est bien là pour le prouver sur la Grande Scène. Comme le fut le set de Prodigy le jour précédent le show des quatre français est juste énorme et le lightshow digne des plus grands. On se rappelle ainsi les concerts des Chemical Brothers ou des Daft Punk vus lors de précédentes éditions des Eurockéennes. Birdy Nam Nam sait franchement s'y prendre pour faire danser les courageux qui ont su attendre 1h30 du matin ,histoire de finir dans une explosion de sons techno. Un concert qui met tout le monde sur les genoux.

Au final une deuxième journée une nouvelle fois mitigée avec de vrais coups de cœur (Tricky, Schwefelgelb, Birdy Nam Nam, Kylesa) et d'autres concerts plus anecdotiques.

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : Nous avons testé un 3eme escape game : Les Cobayes de Shutter Island