Eurockéennes 2015 - Un dimanche avec Die Antwoord

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 18/07/2015

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Fourbu, épuisé, review d'un dernier dimanche avec quelques gouttes de pluie.

Masoch de Puts Marie a été un des vrais coups de coeur de cette année : impossible donc de ne pas voir le groupe sur scène, même s'il ouvre le dimanche. Si le groupe aime à se travestir, il n'en est rien cette fois. L'ambiance qui se dégage du concert est d'ailleurs très étrange puisque, le batteur mis à part, les musiciens semblent se morfondre dans une timidité maladive ou un état quasi-autistique à un point tel qu'on ne sait pas vraiment si c'est une attitude volontaire ou, au contraire, leur véritable personnalité. Toujours est-il que leur musique est tout aussi parfaite sur scène que sur album et qu'ils parviennent à envoûter le public.


DR. Puts Marie a la forme

 

Le changement de scène et de style va être un peu difficile à avaler avec le metal core de Parkway Drive sur la Grande Scène. Enfin metal core, là encore c'est ce qui est indiqué sur le programme puisqu'il s'agit en fait de metal-rock, à vagues tendances hardcores mais surtout à lourde tendance « ohohoho ». C'est-à-dire qu'une bonne moitié des chansons sont clairement faites pour faire chanter la foule, si possible sans paroles mais en mode chorale. L'enthousiasme du chanteur est clair, la foule est évidemment dedans et pogote et chante sur ce feel good concert (avec une reprise de Bulls on parade de Rage Against The Machine) qui ne changera pas la face du monde.


Le public de Parkway Drive

 

Chauffé par Parkway Drive, nous nous rendons de nouveau au Club Loggia pour voir le duo punk Slaves. Un très beau visuel rose avec des caniches en fond de concert, un batteur torse poil en short fluo, un guitariste un peu plus habillé… Et c'est parti pour 45 minutes d'un punk survitaminé qui met le feu au public une nouvelle fois. « Dead already, dead dead already » hurlerons-nous avec le reste de la foule. Voilà ce que devrait être du punk ! À verser dans la catégorie meilleur concert du week-end sans aucun doute.

On nous excusera de ne pas être allé voir le reggae de Damian Marley sur la Grande Scène et de préférer nous placer pour les Eagles of Death Metal. Le groupe investit sur la Green Room et il faut bien dire que leur musique va parfaitement avec la bière qui sponsorise la scène. Le concert lui est parfait, enchaînant les tubes avec brio dans une bonne humeur communicative qui emmène tout le public ! Les Eagles of Death Metal parviennent même à ramener le soleil disparu un moment tout en faisant pleuvoir quelques gouttes. Un miracle ! Un des très bons concerts qu'on aura volontairement quitté pour nous placer le plus proche possible de Die Antwoord sur la Grande Scène. Une erreur ?


Jesse Hughes des Aigles du Death Metal

 

Mais même un quart d'heure d'avance ne suffit pas : la foule est déjà très dense et on ne peut bientôt plus avancer, obligés de voir Ninja et Yolandi de loin, ce qui ne nous empêchera pas de danser, de sauter avec le public qui semble très réceptif au set des Sud-Africains. Là encore les tubes s'enchaînent avec quelques morceaux de bravoure comme ce Enter the ninja repris en chœur par tout le monde ou I fink U freeky abrasif qui rend le public complètement fou. Au niveau du show on est franchement un poil déçus : rien de véritablement spécial se dégage du groupe si ce n'est l'instant choupinet avec l'arrivée des deux enfants de Ninja et Yolandi pour clore le concert.

Pour nous, la soirée continue… devinez où ! Au Club Loggia bien évidemment où sévit Electric Wizard, un groupe de doom metal aimant apparemment associer leur musique aux films de série Z : sexe et torture sur grand écran sont toujours du meilleur goût. La tête va et vient avec les assauts répétés qui, une fois encore, deviennent un peu monotones mais restent percutants. Un concert pas inoubliable mais plutôt agréable sur le moment.

En clôture de soirée, c'est Sting qui se pointe sur la Grande Scène, une pointure évidemment mais la fatigue, la pluie et, il est vrai, un répertoire qui ne nous intéresse pas vraiment aura raison de nous. Après 4 titres (dont Englishman in New-York et So lonely quand même), c'est fourbu et la tête plein de sons que nous quittons les Eurockéennes qui ont su, une nouvelle fois, nous transporter avec des groupes découvertes (HO99O9, Seasick Steve, Bo Ningen, The Soft moon, Slaves), nous charmer avec des valeurs sûres (Angus & Julia Stone, Eagles of Death Metal, Chemical Brothers, Die Antwoord) et nous décevoir parfois (Mina Tindle, Fakear, OFF!). Au final, malgré le manque de têtes d'affiche vraiment extraordinaires, ces Eurockéennes 2015 auront été un bien beau week-end !

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