Eurockéennes 2015 - Un samedi avec Seasick Steve

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 17/07/2015

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La nuit a été courte, beaucoup trop courte. Heureusement qu'il y a encore moyen de zoner dans la forêt faisant face au festival et de récupérer ces précieuses heures perdues au son des cornemuses nocturnes, des « apéro, apéro »…

L'ouverture de cette journée se fait à la Plage mais nous décidons de nous rendre… au Club Loggia une nouvelle fois pour suivre Jeanne Added, un petit bout de femme blonde avec de l'énergie à revendre. Accompagnée d'une batteuse et d'une claviériste, elle montre une envie et une réelle capacité à emmener la foule. Du tout bon qui fait bouger la tête, le corps sur des rythmes rock endiablés ! Au contraire de Oscar & the Wolf qui propose une musique bien trop lancinante et mid-tempo pour allumer la Grande Scène. Pas que ce soit mauvais mais leur pop sympatoche, mielleuse est… zzzzzz. Excusez-moi, je me suis endormi. Le pire étant que le set des loups d'Oscar est encore entraînant par rapport à Mina Tindle dont la pop est sans doute l'un des concerts les plus ennuyeux jamais vus aux Eurocks. Paraît qu'elle était stagiaire sur le festival… On dira que ça ne fait heureusement pas tout.


Jeanne Added plutôt calme

 

Après deux petits titres avec Mina, on se positionne devant la Grande Scène pour Seasick Steve. Impossible de ne pas sentir de sympathie pour ce personnage marquant qui se pointe sur scène dans une salopette dégueulasse, une casquette vissée sur le crâne et accompagné d'un litron de rouge et d'un compère batteur aussi vieux que lui (Steve a fêté ses 74 ans). Mais c'est encore autre chose quand il balance son blues à l'aide de guitares bricolées : la sauce prend tout de suite et le gars nous embarque avec lui comme si c'était une évidence. Si on ajoute au tableau la bonne humeur communicative de Steve, le moment particulier où il invite une jeune fille sur scène pour lui conter fleurette ou un final déjanté où le batteur démontera sa batterie, le concert de Seasick Steve est tout simplement le meilleur du week-end !


Seasick et sa drôle de guitare

 Pour nous remettre de cet excellent moment, un petit tour par la Scène Green Room pour Angus & Julia Stone qui font le boulot avec une pop précise et efficace. C'est aussi bon que sur album et c'est très bon sur album : seul bémol, on aurait aimé pouvoir assister à leur set entier mais l'ogre Seasick aura mangé le début. Ah si le concert des Stones avait pu être décalé, on aurait même pu éviter Daho qui n'enflamme pas la Grande Scène avec un show un peu plus rock qu'escompté mais rempli de tubes des années 80 et 90 qui sentent franchement le moisi. Heureusement que Bo Ningen, groupe de rock japonais donc forcément déjanté, va nous laver les esprits au Club Loggia, même si en matière de Japonais déjanté les Bo Ningen sont loin des Polysics vus au même endroit il y a très longtemps de cela. Bruyants, exubérants, enthousiasmants, Bo Ningen est en tout cas certainement une des révélations du festival.

Place maintenant à Major Lazer sur la Grande Scène avec LE concert le plus WTF de ces Eurockéennes 2015. Côté musique c'est, sans aucune contestation possible, nul : comme une longue mixtape enchaînant des bouts de morceaux du groupe (Lean on chanté par la surprise du chef Christine de Christine and the Queens, franchement dispensable) ou d'autres musicos (superbe ambiance sur I like to move it de Reel 2 Real, la dance music n'est pas morte). Côté show, c'est par contre assez incroyable, dans la veine de Daft Punk ou de Skrillex l'année dernière : gigantesques machines à fumée, jets encore plus énormes de papellitos, effets pyrotechniques, danseuses qui shakent du booty, slam dans une boule gonflable. Bref on en prend plein la tronche et on ne peut qu'être honteux d'apprécier. Inclassable mais mémorable. À côté le show minimaliste de Seiho, un DJ seul sur scène avec ses platines, nous fait prendre conscience que le show est vraiment un aspect indispensable à tout concert electro. Pas grand-chose à retirer donc du DJ japonais et retour sur la Grande Scène pour The Chemical Brothers : sauront-ils se mettre à la hauteur du show de Major Lazer ? Pourtant ceux qui commencent à être des papys de l'electro sauront convaincre avec un visuel vraiment très bon avec notamment de bien beaux robots gigantesques. Côté musique c'est dansant, planant mais globalement un peu répétitif, d'autant plus que le duo a clairement décidé de mettre de côté leurs plus vieux tubes.


DR. Major Lazer dans sa bulle

 

Au final cette journée a montré que le meilleur showman et meilleur musicien de ces Eurockéennes est un papy de 74 ans. Prenez-en de la graine les djeunz !

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