Eurockéennes 2015 - Un vendredi avec Skip the use

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 16/07/2015

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Les années se suivent mais ne se ressemblent pas forcément. En 2014, les Eurockéennes étaient en mode pluie et donc boue rouge et collante; en 2015, la canicule nous promet le retour de la poussière (toute aussi rouge) au Malsaucy. Retour sur le festival en 3 articles

Après le traditionnel plantage de tente au camping, la traditionnelle marche sur les voies ferrées menant du camping au site même des Eurockéennes, l'entrée se fait patiemment sous le cagnard avec quelques pelés, deux-trois tondus et de nombreux mini-shorts, apparemment à la mode cette année. Le lieu en lui-même n'a pas trop changé : le Club Loggia qui faisait face à la Grande Scène est désormais parallèle à celle-ci et surtout, chose non-négligeable au cours de ce week-end, procure  de l'ombre ! Deux autres nouveautés se cachent sur le site : un mini-golf que nous n'aurons même pas eu le temps de visiter et un lieu secret accessible par mot de passe. Et à plusieurs endroits sont disséminés des ventilos avec arrivée d'eau pour se transformer en brumisateurs géants (et transformer la poussière en boue !), les pompiers ayant même amené un gigantesque ventilo branché sur leurs tuyaux qui diffusera une pluie tropicale tout juste parfaite.


Oui quand les pompiers se mettent au brumisateur, c'est autre chose.

 
Mais, même si tout ceci est bien agréable, il nous faut quand même parler de la musique. La programmation des Eurockéennes de cette année ne donnait pas franchement dans la tête d'affiche particulièrement bandante entre groupes pas très excitants et groupes déjà passés au même endroit : Sting, Daho, Ben Harper, Chemical Brothers avec toutefois Die Antwoord, phénomène sud-africain electro-hip-hop depuis quelques années.

Il sera temps d'y revenir puisque pour l'heure, c'est un groupe de soul, St Paul & the Broken Bones, qui ouvre la Grande Scène. Soutenu par un frontman magnétique, suant dans son beau costume et ses magnifiques chaussures à paillette, le groupe fait dans une soul habitée qui a vite fait de chauffer le public, lequel n'avait évidemment pas besoin de ça. Le fait même de parvenir à faire danser la foule, sur la plus grande scène, avec une chaleur à tuer un dromadaire, est un signe évident de qualité et, pour un groupe que nous n'attendions pas vraiment, c'est une vraie bonne découverte !
De la Grande Scène au Club Loggia, il n'y a qu'un pas et, comme la foule ne se masse pas, on peut presque tranquillement se rendre au concert de Laetitia Sheriff. Presque ? Oui parce que l'organisation a décidé de faire commencer les concerts sur une scène à l'heure même où celui de l'autre scène se termine : on aurait franchement aimé un laps de temps plus grand, ne serait-ce que cinq minutes. Laetitia Sheriff nous avait charmé avec son album Pandemonium, Solace And Stars, nous étions franchement impatients de la découvrir sur scène. Si le set a commencé timidement, la brune  a su remporter tous les suffrages avec notamment un Aquarius survolté, un superbe The living dead et un énorme Urbanism – After Goya. L'essayer c'est l'adopter.

Retour sur la Grande Scène pour Royal Blood dont le son massif enveloppe parfaitement le public. Oui mais voilà tout est trop parfait, parfaitement joué, parfaitement calibré pour emmener le public mais, au final, et comment beaucoup de groupes « rock » du moment, un peu trop propre sur eux pour franchement faire la différence. Le meilleur moment du concert sera quand même de se rendre compte que Seasick Steve (programmé le lendemain) aime apparemment bien écouter Royal Blood dans le public, à quelques mètres de votre serviteur (mode groupie on). La suite se déroule sur la Scène Green Room avec l'un des rares groupes de metal du week-end, Black Label Society. Tout y est : le pied de micro avec des têtes de mort, murs d'amplis, solos de guitare interminables. Dans la foule, c'est évidemment pogo, moshpit et concerts, une bonne grosse dose d'adrénaline. Une très bonne ambiance pour un musique finalement assez monotone.


La finesse de Black Label Society

 

Pour la suite, l'idée au départ était de profiter du concert de Ben Harper, déjà vu et pas franchement immanquable, en mangeant tranquillement mais l'horaire avançant, nous nous retrouvons donc à la Plage avec une tartiflette devant The Soft Moon, remplaçant au pied levé Antemasque. Et autant dire que pour des remplaçants ils ont mis le feu à la scène de La Plage avec un mélange electro/rock détonnant, donnant tout, et même plus, au public pas franchement très nombreux. Difficile de passer après un tel concert et, malgré toute la volonté du monde pour rester devant Fakear, son electro est décidément trop gentillette pour faire autre chose que nous faire fuir. Pourtant, dans une autre atmosphère, Fakear doit être vraiment bon. De la même façon, Cotton Claw ne tirera de nous que quelques bâillements.

Le réveil se fait sur la Grande Scène avec Skip the use qui se sont pointés avec leurs « friends », à savoir que leur concert est un mélange de titres du groupe, de reprises et d'invités spéciaux pour un résultat pêchu, avec plein de bonne humeur mais loin d'être mémorable : la participation d'Hollysiz est franchement anecdotique, celle de Jeanne Added (programmée le lendemain) sur Smells like Teen Spirit  du genre sympathique mais sans plus, Sir Bob Cornelius Rifo des Bloody Beetroots sait amener un grain de folie mais c'est Hubert-Félix Thiéfaine qui emporte tous les suffrages avec son célèbre La fille du coupeur de joint repris en chœur par la foule. Du bon feeling en barre.


Nouveau saut de la Grande Scène au Club Loggia pour écouter OFF! mené par Keith Morris (Circle Jerks) « respecté par les plus grands » nous dit même le programme. Mais au bout de 45 minutes, on n'est pas franchement enthousiasmé par ce punk sans âme, complètement répétitif, souvent interrompu par des discours incompréhensibles dudit Keith. « Punks not dead » s'étalait sur le drapeau britannique, brandi à bout de bras par un teenager avec la totale du parfait punk, mohawk sur la tête et blouson de cuir : le slogan n'était certainement pas une remarque mais plus un espoir assez vain devant le set de OFF!. En fait l'esprit punk était plus sûrement sur la Plage avec HO99O9 (prononcer Horror) un groupe mêlant hip-hop et electro dans la plus pure tradition des ravageurs de cerveau : un show halluciné au milieu de la fumée et des lumières aveuglantes qui ne laissaient qu'à peine entrevoir deux zigotos en train de hurler, de sauter, de se rouler par terre. Le concert de la journée assurément !


Punk electro-hip-hop avec HO99O9

 

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