Eurockéennes 2018 - Un samedi avec Queens of the stone age

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 27/07/2018

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De Damso à Queens of the Stone Age en passant par Therapie Taxi, finalement ce sera une journée punk !

Troisième jour - Samedi 7 juillet

Le troisième jour commence de fort belle façon sur la Loggia avec un groupe local (enfin local, de Vesoul), tRuckks. Au fil du concert, on apprend qu’ils viennent d’avoir leur bac, c’est dire la jeunesse du groupe qui est suivi par tout un tas de groupies pogoteurs. Sur scène, par contre, comme dirait l’autre, ça envoie du bois, notamment par la grâce d’un chanteur dont les hurlements ne sont pas sans rappeler ceux de Reuno de Lofofora. On leur souhaitera une aussi belle réussite que leurs aînés.


DR. la puissance de tRuckks par Eric Munck Photographie

 

La journée se poursuit sous le Chapiteau avec l’afro-punk de BCUC. Afro-punk ? Quésaco ? Imaginez simplement mettre trois percussionnistes sur scène avec un guitariste surexcité et un chanteur – harangueur qui habite l’espace comme personne et plonge la foule dans une transe chamanique. Si les brèves écoutes de leurs titres nous avaient permis de cocher le groupe sur le planning, ce n’est rien par rapport à la puissance, à l’énergie dévastatrice qui se dégagent de ce show. À voir et à revoir certainement.

Retour ensuite à la Loggia, décidément la scène de cette édition avec Touts, des punks irlandais tout ce qu’il y a de plus classique. Même s’ils tentent de communiquer avec le public, leur accent est tellement à couper au couteau que ça ne prend pas, sauf avec l’unique Irlandais du public, roux comme par hasard, ce qui fera bien rire le groupe. Sur scène, on n’est pas déçus mais pas surpris non plus : c’est du punk qui rappelle franchement Green Day, Pennywise et consorts. Le genre de groupe qui ne restera peut-être pas dans les mémoires tout en étant bien agréable sur le moment.

Au contraire de BCUC, le rap d’IAMDDB semble moins efficace sur scène que sur CD, fut-il dématérialisé. On quitte donc la rappeuse pour se glisser pour le début de Juliette Armanet afin de tenter de comprendre pour quelles raisons cette chanteuse fait le tour des festivals. Deux chansons plus tard, l’incompréhension n’est pas résolue et sa chanson française fait un peu tache. Heureusement, la Loggia viendra encore nous sauver avec le show survitaminé, coloré, rock et drôle de Caroline Rose qu’on n’avait pas vraiment vu venir. Chaque chanson est une petite pépite pop et la bonne humeur pleine d’ironie de la chanteuse est communicative. Parfois il suffit d’un rien pour nous emmener (une reprise de My heart will go on à la flûte par exemple). Caroline Rose, peut-être tout simplement la surprise du week-end.


DR. la bonne humeur de Caroline Rose par Eric Munck Photographie

Pour la première fois de la journée, c’est la Grande Scène qui va nous accueillir, une Grande Scène où va s’installer l’une des curiosités de ce festival : Damso. Son album Ipséité, s’il n’est pas en train de tourner en boucle chez moi, a su glaner quelques écoutes attentives et intéressées et son hit avec Kalash, Mwaka Moon, a hanté toutes les radios. La Grande Scène est plutôt pas mal remplie, si bien que l’on reste un peu en retrait et que l’on peut admirer des gars monter sur les toilettes pour danser (avant de se faire virer sans doute pour des raisons de sécurité). Si le public est plutôt réceptif sur les titres les plus connus, le show est globalement un peu moyen, un peu trop lisse. Pourtant le noyau des fans tout devant semble être à fond comme il le faut. Peut-être est-ce de ne pas profiter de l’ambiance des premiers rangs qui me fait décrocher du concert mais Damso sera l’une des déceptions de cette 30ème édition.

Honte à moi, de At the drive in, je ne connais que le nom et ne me suis jamais penché sur leur discographie. Mais il est toujours intéressant de découvrir des groupes inconnus en live. Emmené par son chanteur complètement fou qui saute partout et met le feu, le groupe enchaîne les titres percutants, ne laissant pas le public reprendre haleine. At the drive in, c’est un rouleau compresseur qui écrase et éreinte tout sur son passage. Va quand même falloir que j’écoute les albums.

En parlant de rouleau compresseur, ça en est un sacré qui se prépare sur la Grande Scène : Queens of the Stone Age, les rois du rock qui pue la testostérone et la salopette tachée de cambouis, déjà vus sur la Grande Scène en 2011 mais aussi en 2005. Josh Homme est toujours aussi impressionnant sur scène et leur set est carré, sans défaut, avec leurs plus grands tubes comme Go with the flow, No one knows ou le gentil Make it wit chu entonné par la foule. À noter que, pour ma gloire personnelle, j’aurais aidé le guitariste de Touts à slammer sur la foule.


DR. Queens of the stone age par Eric Munck Photographie

 

Après la Grande Scène, retour à la Loggia pour, de nouveau, du punk avec les Viagra Boys, Suédois d’origine. Si Touts avait tout du punk clashien, l’attitude des Viagra Boys lorgnerait plus vers la provoc des Sex Pistols. On se croirait de retour dans les années 70 avec, en prime, le chanteur tatoué et torse poil qui finit son show en se barrant en faisant un doigt. À qui ? À quoi ? On en sait trop rien, mais c’est punk quoi. Musicalement, par contre, ça tient le coup avec un punk mâtiné de noise et d’autres expérimentations bruitistes. Ça prend un peu moins dans le public clairsemé de cette fin de soirée.

Une soirée qui se terminera sur La Plage avec l’un des groupes du moment, Thérapie Taxi porté par Hit sale ou Salop(e). Évidemment La Plage est bondée de chez bondée et, même loin de la scène, on est serrés comme des sardines dans une boîte. Adélaïde et Raphaël tentent de faire le show sur scène mais, à vrai dire, ça prend assez difficilement. Là encore, il manque un petit quelque chose pour entraîner complètement l’adhésion même si les deux titres sus-cités sont largement entonnés par le public.

Merci à Eric Munck Photographie pour les photos !

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