6.5/10Fallenfest 2007

/ Critique - écrit par juro, le 05/06/2007
Notre verdict : 6.5/10 - Qualité globale du spectacle (Ecrivez votre critique)

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La qualité du Fallenfest 2007 n'est déjà plus une question à se poser.

Le Trabendo accueillait les demi-finales du Fallenfest 2007 avec dix groupes pour cette affiche à dominante pop-rock. Le tremplin propose un challenge intéressant : trente minutes pour convaincre un public qui ne connaît rien (ou presque) d'eux. De tout âge, de toute influence, la diversité du concours est assez exemplaire en la matière. L'enjeu final est d'importance : obtenir une certaine notoriété et peut-être beaucoup plus... Pour l'heure, seuls les deux premiers auront le droit de participer à la grande finale à la Cigale mi-juin. Mais la pression semble avoir décuplé l'envie des participants de réaliser le show.

La qualité du Fallenfest 2007 n'est déjà plus une question à se poser. Des artistes signés (Udi Kagan) ou autoproduits (TreeMouth) participent mais aussi des débutants dans des catégories aussi diverses que variées. Lors de cette soirée, le spectacle commence avec Backstage, une jeune formation pop-rock avec l'ajout d'un clavier qui leur donne un petit goût sympathique. Même si un manque d'originalité apparaît dans les compositions, le groupe met un bon rythme et se met le public dans la poche pour cette introduction intéressante. Malheureusement, la suite est moins glorieuse avec NoMadMars... L'instrumentation plutôt bien maîtrisée ne fait pas publier le caractère trop répétitif et le jeu de scène faible de ce groupe funk-rock, surtout lorsque les choeurs sont décalés. Du bon et du moins bon, le tremplin propose un niveau variable mais le meilleur reste à venir...

Accueilli dans une relative indifférence, Amoria va réussir à enflammer les esprits. Bizarrement, le groupe se montre unique dans la soirée en offrant une base RnB-soul du meilleur acabit, rappelant par moments Smooth (surtout lorsque le clavier entre en jeu), si ce n'est sa chanteuse. Posée et gracieuse, elle parvient à faire valoir son grain de voix en répondant à la basse dominante. En évitant de tomber dans le sirupeux, Amoria montre une pluralité étonnante avec un son empruntant aux rythmes de la blacksploitation devant une salle conquise. Etonnant de trouver une telle qualité à ce niveau mais ce même étonnement peut prendre une forme différente avec Adam Vadel et Same.

A les voir arriver sur scène, difficile d'en croire ses yeux. On croirait le groupe tout droit échappé de la cour de récréation. Pourtant, les voici à produire un rock brutal avec (déjà) l'attitude qui va avec. Hélas, l'âge rattrape Adam Vadel et surtout sa voix. Les paroles se transforment en miaulements, mangés tout crus par les instruments de ses compères. La technique reste rudimentaire et comme pour NoMadMars, les choeurs manquent de synchronisation.

Moins bruyant mais toujours rock, Frankly nous emmène au beau milieu d'une fête de lycée étasunienne. Un peu pop, un peu garage, les compositions sont plutôt linéaires. Pas vraiment de quoi soulever un enthousiasme démesuré mais l'interprétation est plutôt bonne, donné par un anglophone maniant sa plume dans le bon sens. La suite révèle encore des surprises avec T-ka, évoluant entre soul, pop et jazz. En exploitant un registre émotionnel avec souplesse par l'intermédiaire d'une voix féminine un peu à la Beth Gibbons (même si un peu forcé parfois), les titres s'avèrent plaisants, surtout lorsqu'un invité à la voix ragga, M. Ronny, apporte sa contribution pour donner une toucher Massive Attack à l'ensemble. Bien mais peut encore mieux faire...

Vient alors le tour de Gump. Devant un public qui les attend au tournant, le quatuor ouvre sur une introduction à la U2. Le groupe profite de la scène, visiblement plus à son aise que la plupart des précédents, avec une dominante pop. Mettant l'ambiance à travers un set bien construit.

La fin du concert laissait se débattre Piuma, Moustache et un groupe invité (Les Enfants du paradis) mais après tout ceci, la fatigue commençait à s'accumuler. Ce point négatif demeure bien évidemment la durée car assister à plus de cinq heures de concert quasiment non-stop s'avère éreintant. En dehors de ce point d'organisation, la bonne idée fut de permettre aux participants de se produire dans une grande salle devant un public présent même si parfois clairsemé au-delà du cinquième rang. Pour l'anecdote, les deux qualifiés pour la finale furent Gump et Frankly. Bravo à eux mais fort dommage pour Amoria.

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