10/10Free Ride au Mont Verdun

/ Critique - écrit par Kassad, le 10/10/2005
Notre verdict : 10/10 - Riders de tous les pays... (Ecrivez votre critique)

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On n'aura jamais fini de discuter des innombrables répercussions d'internet dans la sociologie contemporaine. Les communautés virtuelles (dont Krinein est un représentant de qualité supérieure :) ) sont de plus en plus nombreuses, de plus en plus étranges parfois, mais elles se rejoignent toutes en ce qu'elles sont de nouveaux modes pour "vivre ensemble". De la fédération française de baby foot aux passionés de l'hameçonen passant par le repassage de l'extrême (extrem ironing en anglais), on trouve vraiment de tout sur la toile. Fight Club de Palahniuk illustre cette recherche de communauté sous une forme radicale : des gens se réunissent pour boxer entre eux, en dehors des circuits "normaux".

Riderz.net est une de ces associations d'un genre nouveau. Elle regroupe de manière libre et informelle tous les sportifs francophones adeptes des disciplines de glisse. Tout le monde est le bienvenue : du surfeur blond au snowboarder encapuché en passant par le street-lugeur et sa tenue de motard en lambeaux, le roller et tout ce que votre imagination pourra bien inventer pour glisser sur quoi que ce soit (j'ai bien vu à Chamrousse une planche à repasser authentique munie de trucks). C'est donc sur son forum qu'est spontanément née l'idée d'une free-ride au Mont verdun au nord de Lyon. Normalement pour mettre en place une free-ride, comme celle de Chamrousse par exemple, c'est tout une organisation : préfecture, secouristes, buvette, cars pour les remontées... Là le mot d'ordre était simple, voire simplissime : rendez vous au mont verdun (qui bénéficie d'une route fermée à la circulation motorisée le dimanche) le 9/10/2005, un happening sport extrêmes en quelques sortes...

Dimanche matin, l'air est frai mais le ciel est d'un bleu limpide : une bénédiction inattendue qui augure une belle journée de descente. Quand je dis le matin, il faut comprendre 10h00. Le rider n'est pas spécialement quelqu'un que l'on pourrait qualifier de lève-tôt. Ce n'est pas aussi caricatural que cela étant donné que certains ont pris le train depuis Paris... Le transfert de la gare au mont verdun fut d'ailleur un premier moment mémorable. Le nombre des riders à emmener était largement supérieur à ce que les locaux avaient prévus. Une petite scéance de compactage dans les coffres marquait donc le début de la journée. La majeure partie des participants sont des longboarders, il y a quelques lugeurs et aussi des rollers lyonnais (dont votre rédacteur) venu pour l'occasion. En tout nous sommes autour de 70. Le chiffre est assez imposant pour un événement informel de ce style.

L'ambiance est tout simplement parfaite. Ici on n'est pas en compétition, le but est de se faire plaisir sur une route sécurisée qui offre une descente de 3,5 km. La descente est de plus techniquement facile et permet aux débutants de faire leurs premières armes et aux autres de tenter des trucs plus olé olé. Chacun peut fixer le niveau de difficulté en s'adaptant (prendre tout à fond, lacher des gros freinages ou au contraire profiter du paysage en "cruising"...). En fait le seul "hic" réside dans...la montée. Par ce que le free-ride, il faut le savoir, est un sport exigeant : à chaque descente sa montée. La route étant effectivement fermée cela représente les avantages de ses inconvénients. Seuls les lugueurs, qui du fait du poid de leurs engins ne peuvent envisager une remontée à pied, font le tour du mont verdun pour remonter en voiture (ce qui prend un certain temps). Nous en roller on en profite pour travailler le souffle...et la perte de poid (avec la tenue descente : dainese, gros pantalon, casque intégral, patins de descentes de 2kg à chaque pieds). Mais il faut croire que la remontée à travers champ ajoute à l'ambiance informelle et décontractée de ce free-ride.

L'heure du casse croute finit par sonner et on se rend au fort à mi-pente. La descente du pique-nique par des lugeurs surchargés valait à elle seule le voyage. L'ambiance est unique : imaginez une assemblée casquée, armurée des pieds à la tête, les tenues de motards défoncées (les riders à peine moins...), les bouchons qui sautent. Bref, c'est une pause nature/fraicheur étonnante après les raclements des protecs contre le bitume, un peu plus et on se croirait dans une réunion de famille à la campagne...

Il est dur de rechausser pour une dernière descente (les montées m'ont tué), malgré tout je pars pour mon dernier run. C'est fou comme ça passe vite, un dernier freinage avant l'entrée dans Limonest et déjà il faut en remettre une couche. Je ferais ce dernier retour avec deux cyclistes, les salops m'ont fait parler pendant toute l'ascencion. Une fois en haut je m'écroule : sans aucun doute la session de descente la plus physique de toute ma carrière, certainement la plus marrante aussi. La conclusion philosophique (oula un bien grand mot) que je tire de cette session est que la vie est ce que vous en faites. Quelques roulettes, une pente, une belle journée...et c'est parti.

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