7.5/10Labyrinthus, les Mondes de Grimm - Ribeauvillé

/ Critique - écrit par Lestat, le 31/07/2006
Notre verdict : 7.5/10 - Minotaure, y es-tu ? (Ecrivez votre critique)

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Se perdre, c'est déjà pas très marrant. Alors se perdre volontairement et trouver ça rigolo, voila qui fleure le masochisme. Et pourtant, Labyrinthus prouve que l'on peut trouver cet exercice divertissant, surtout lorsque l'on a un sens de l'orientation déplorable. Du 8 juillet au 27 août 2006, le Labyrinthus de Ribeauvillé accueille les Mondes de Grimm. Un monde fantastique et enchanteur, souvent cruel, dans tous les cas cohérents avec l'univers même d'un labyrinthe, dont les méandres et dédales ont alimenté tant de mythes.

Labyrinthus, qu'est-ce donc ? Attraction éphémère entamée depuis 1996 dans plusieurs régions de France et même en Belgique, les Labyrinthus sont des labyrinthes de maïs, dont le premier de tous se payait le luxe d'être le plus grand du monde (4ha, et autant de pop corn). Disparaissant et apparaissant au fil des pousses, les Labyrinthus accueillent dans leurs parcours des thèmes fouettant l'imaginaire, tels que le Magicien d'Oz, Alice au Pays des Merveilles ou encore Jules Verne pour citer les années précédentes. Tout cela dans un cadre généralement agréable et un effort de convivialité appréciable. Les amateurs de
sensations fortes souhaitant jouer leurs remakes de Signes ou des Enfants du Maïs sont invités à rejoindre le train-fantôme le plus proche, le Labyrinthus, tout du moins celui faisant l'objet de cette critique, est taillé pour être le plus ludique possible. Ni trop bas pour permettre aux grands gabarits de tricher, ni trop hauts pour être oppressants, les plants de maïs ont la hauteur idéale.

Nous nous retrouvons donc à Ribeauvillé, jolie ville de la Route des Vins, elle-même circuit quasi-incontournable de tout bon visiteur d'Alsace. Cette route, plus ou moins continue, rassemble en effet une grosse soixantaine de villes et villages vinicoles, dont les attraits gustatifs rivalisent parfois avec le tourisme, la culture et le patrimoine local. Si voir d'impeccables vignes ou déguster un bon plat dans un caveau (et pitié, pas une choucroute) ne fait pas votre bonheur, les murs fortifiés d'une cité comme Riquewihr ou l'ancestral château du Haut-Koenigsbourg devraient contribuer à vous faire aimer cette belle région. Situé non-loin de la Ferme de l'Hirondelle, le Labyrinthus de Ribeauvillé (ou de Ribeau, comme on aime à l'abréger ici) est un lieu calme, suffisamment à l'écart de l'axe routier pour ne pas subir les bruits du trafic. Petites indications complémentaires, il est bien sur inutile de chercher le Labyrinthus en plein centre-ville. Pénétrez dans la ville et suiviez les flèches jaunes. En cas de doute, suivre Guémar est également une solution viable, la Ferme de l'Hirondelle étant Route de Guémar. Comme il semble difficile d'y accéder autrement que par ses propres moyens, un large parking est à
disposition. La voiture posée sur l'herbe, il n'y a plus qu'à pénétrer dans l'enceinte.

Première étape, celle du pourquoi du comment. Une fois le ticket en poche (8€ pour un adulte), le visiteur se voit remettre un livre de contes, où il notera les réponses aux énigmes (j'y reviendrai), une carte du labyrinthe et il n'y a plus qu'à voir la vidéo présentant le tout. Deux parcours s'offrent alors : blanc et or pour les enfants et le large public désireux d'une promenade pépère, rouge et noir pour Jeanne Mass et les baroudeurs se sentant l'âme exploratrice. Votre serviteur, dans un élan de folie, a choisi ce dernier. Disons le tout de suite pour n'effrayer personne, il n'y a rien d'insurmontable et ce cheminement, sans doute comme son confrère, est des plus plaisant. C'est parti donc. Très vite, malgré la carte que l'on s'empresse de ranger -c'est bien plus trépidant sans-, les itinéraires tortueux et les culs de sacs s'enchaînent. Chercher son chemin parmi les deux ou trois propositions offertes et se retrouver nez à nez avec du maïs prenant crânement le soleil deviendra le quotidien de l'heure et demi aux deux heures minimum nécessaires pour rejoindre la sortie. Mais ceci n'est qu'une partie de l'iceberg. Comme dit précédemment, la moelle de Labyrinthus s'appuie également sur ses thématiques. Ainsi, des énigmes parsèmeront l'itinéraire, toutes en rapports avec les contes de Grimm. Certaines d'entre elles ne serviront à rien de moins qu'à ouvrir des portes -le mot clé étant tapé sur un digicode-, permettant au marcheur de continuer son périple. Et oui, un peu comme à Fort Boyard. Mention spéciale au rideau d'eau qu'il faut arrêter pour pouvoir passer au sec. Si toutes les énigmes ne sont ainsi pas indispensables à la bonne continuation du jeu, les résoudre apporte un côté ludique supplémentaire, ce qui peut contrebalancer une certaine lassitude dans le parcours. Car l'un dans l'autre, il est moins rageant de se perdre en cherchant des indices sous des pierres que de se perdre tout court. En fin de parcours, un petit spectacle d'une demi-heure est proposé avec bancs et ombres. Lecture de contes et quelques sketchs, voilà une introduction parfaite aux contes
de Grimm. Et c'est là plus qu'ailleurs que l'on se rend compte que les Contes, qu'ils soient de Grimm ou d'autres, n'ont rien des aimables histoires édulcorées véhiculées par exemple par Disney. C'est un univers sombre, parfois barbare, certes destiné aux enfants, mais qui ne laisse pas l'adulte indifférent. A ce débat sans fin sur la violence et sur ce qui doit être montré (lu) ou non aux plus jeunes, laissons la parole à l'un des acteurs : "la Bible est plus effrayante que les Contes de Grimm...et personne n'est obligé d'y croire". Imparable.

Des bémols à la visite ? Pas vraiment, mais quelques remarques. Tout d'abord, un Labyrinthus ne trouvera tout son sel que pratiqué en groupe. S'y aventurer tout seul est certes sympathique, mais l'on en ressort un peu frustré de ne pas s'être plus amusé que cela. Ensuite, tenter Labyrinthus en pleine canicule n'est décidément pas conseillé. Les espaces d'ombres sont peu nombreux -sur le parcours rouge et noir du moins-, ce qui revient à passer un bon bout de temps en plein soleil. Coups de soleil à prévoir ! Couvre-chef et bouteille d'eau sont donc conseillés, enfants et personnes âgées doivent faire attention. A côté de cela, un passe-temps assez atypique, qui vaut largement la peine d'être essayé. Et si l'on trouve ça cher payé, apprenez que l'on ne paye que l'entrée : il est donc possible de faire le deuxième parcours, et de rester autant de temps que l'on veut -dans la limite des horaires, tout de même-. Un coin buvette (payante elle aussi) est enfin disponible, avec tables, chaises et parasols. En résumé, Labyrinthus est un bon moment, et voila tout. Ce n'est déjà pas si mal, même si l'on peut regretter finalement que le concept soit un peu trop sage, vocation culturelle oblige. En groupe d'ami(e)s et de nuit, ce doit être un sacré moment de fun.

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