7.5/10MacBeth, au théâtre 13

/ Critique - écrit par jaiina, le 28/11/2013
Notre verdict : 7.5/10 - Un pari presque réussi (Ecrivez votre critique)

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Une relecture concise et rapide d'un grand classique du théâtre pour le rendre accessible au plus grand nombre.

Comment faire du neuf avec du vieux ? Comment adapter une n-ième fois Shakespeare tout en trouvant une approche originale ? Tout n'a-t-il pas déjà été tenté ?

Force est de constater que non. Ici, Arny Berry se plie à l'exercice de relecture de textes avec un certain succès. Les moyens peut être limités du théâtre, notamment au niveau des décors, le force à ruser (utilisation à bon escient d'ombres chinoises, de projections laser au sol pour simuler un chateau) et d'épurer au maximum les artifices pour se concentrer au maximum sur le texte et le message qu'il veut faire passer.

MacBeth, au théâtre 13
crédit: Roxane Kapersky.

Les puristes de Shakespeare pourront peut être être outrés par les coupes réalisées dans le texte (la pièce ne dure qu'une heure trente) mais l'effet recherché est réussi à mon sens. Le spectateur n'est pas perdu dans de longs monologues, il comprend bien le message de l'auteur qui veut orienter le débat sur la folie, l'ironie, le destin, la lutte contre le mal. Macbeth écoute les présages des trois sorcières et cherche à accomplir un destin. Mais est-il vraiment le sien ? Est-il manipulé ? Que, ou plutôt qui, cherche-t-il à être véritablement ?

J'ai vraiment été séduite par la modernité de la mise en scène, le resserrement du propos sur le vrai sujet, le rythme de la pièce. Ce côté Shakespeare accessible à tous (pour preuve, la salle était remplie de lycéens enthousiastes).

Niveau interprétation, les comédiens sont enjoués, dynamiques avec une réserve sur MacBeth lui même que je n'ai pas forcément très tourmenté. Peut-être est-ce aussi son choix puisqu'il est également le metteur en scène. Arny Berry joue bien, certes, mais parfois trop académiquement. Il lui manque ce petit brin de folie que la mise en scène de la pièce cherche justement à apporter. Idem pour Lady MacBeth; pour le coup, elle sur- joue la douleur et la folie. Ce rôle est paraît-il l'un des plus difficiles à interpréter (dixit Wikipédia) ce qui se comprend aisément au vu des sentiments qu'elle doit véhiculer.
Mention particulière toutefois pour les sorcières et les seconds rôles, qui se démultiplient et apportent du nombre et rythme.

MacBeth, au théâtre 13
crédit: Roxane Kapersky.

En somme, le théâtre 13 vous propose une relecture décalée et intéressante d'un des plus beaux et complexes textes de William Shakespeare.

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