9.5/10La Machine de Turing

/ Critique - écrit par jaiina, le 29/10/2018
Notre verdict : 9.5/10 - Une pièce à voir pour (re) découvrir un pur génie ! (Ecrivez votre critique)

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Une pièce qui rend hommage et honneur à un génie trop méconnu. A voir !

En 1952, victime d'un cambriolage, le mathématicien hors pair et singulier Alan Turing se rend au commissariat pour porter plainte, ouvrant ainsi malgré lui la boite de pandore qui le mènera à sa perte. En effet, l'officier de police va vite découvrir que le génie est homosexuel (condamnable par la loi à cette époque)  et qu'il a menti sur son travail pendant la Seconde Guerre Mondiale. Il prétend avoir été employé dans une usine de postes radio alors qu'en fait, il participait au décryptage du code Enigma. Enfin, participer est un euphémisme car il l'a décodé quasiment seul, en mettant au point une machine précurseur de nos ordinateurs actuels (thème abordé par Krinein dans le test du jeux vidéo The Turing Test ).

La pièce est une réussite qui tient essentiellement à la magistrale interprétation de Benoit Solès, totalement habité par son personnage. Il l'incarne dans ses différentes facettes : autiste, bègue, homosexuel, orgueilleux, mais aussi avec de l'humour. Et évidemment en tant que génie scientifique qui avait déjà une vision de la logique et des machines. La pièce est composée de différents tableaux qui présentent des tranches de vie saillantes d'Alan Turing : ses rencontres amoureuses, son enrôlement à Betchley Park, son choix de préférer la castration chimique à l'emprisonnement (car cela l'aurait privé de travailler sur les mathématiques, qui sont toute sa vie). Des choix justes et pertinents qui permettent au spectateur de connaître un Homme clé de ce siècle, d'être en empathie avec lui, face aux nombreuses injustices qu'il subit.


DR.

 

Face à lui, Amaury de Crayencour incarne les autres protagonistes. Il est tantôt l'officier de police, tantôt Arnold, l'amoureux vénal mais toujours juste également. Très british.

La mise en scène mérite également d'être relevée : des écrans vidéos apportent de la profondeur, immergent le spectateur dans les propos (mention spéciale aux différents passages sur Enigma et la machine de Turing). La musique est également soignée.

Bref, Krinein est totalement conquis par cette pièce, qui a le mérite de faire connaître au plus grand nombre ce scientifique génial mais trop peu connu. Grâce à une interprétation magistrale et émouvante de Benoit Solès et à un texte très soigné, hommage lui est ainsi rendu.

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