8.5/10Manu Galure au Living B'Art, 22/06/2007

/ Critique - écrit par wqw..., le 02/08/2007
Notre verdict : 8.5/10 - Sortir couvert... en argent (Ecrivez votre critique)

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Tout n’est donc pas que légèreté, énergie à revendre et blague aux rabais (pour jouer sur les mots), même s’il reste, pour notre bien à tous, son fond de commerce.

Le Living B'Art (côté salle)

Nombreux sont, notamment à Paris, les lieux de spectacles alternatifs qui offrent, outre un cadre séduisant, une programmation de découvertes de qualité. C’est le cas du Living B’Art, 15 rue La Vieuville dans le 18ème, côté Abbesses, qui propose de recevoir les clients un peu comme à la maison. Une ambiance conviviale sans chichis, ni falbalas, de grandes tables et des bancs permettent ainsi plus facilement les échanges entre clients. La carte est simple (tartes salées, planchettes de charcuterie, de fromages, etc.), sans être spécialement onéreuse et aux alentours de 21h30, on tire le rideau sur la rue, on cesse le service et on fait place aux Le Living B'Art (côté bar)
Le Living B'Art (côté bar)
spectacles (théâtre, conte, poésie, musique…)

Ce vendredi, un brin pluvieux, lendemain de la fête de la musique, le public tarde à remplir le lieu. Pourtant ce soir c’est à un artiste jeune et néanmoins talentueux, auquel nous avons affaire : Manu Galure. Venu de Toulouse, contrebassiste du groupe Les Ptits T’hommes, celui-ci se produit également en solo au piano avec un registre composé de chansons originales parfois grinçantes, jamais dénuées d’humour et de fantaisie. Il lance alors lui-même le spectacle « Mesdames et Messieurs, veuillez accueillir comme il se doit, Manu Galure ! »

Manu Galure (par Henri Souchay)
Manu Galure (par Henri Souchay)
Celui-ci se lance alors dans J’ai vingt ansje vous emmerde, vous qui ne pouvez pas en dire autant »), titre quelque peu phare de son spectacle, qui accueille d’ailleurs les égarés de MySpace… et les autres car le bonhomme s’adapte facilement à la salle qui l’héberge : une table de hollandais, une japonaise et Manu Galure d’introduire en anglais la quasi-intégralité de ses chansons avec un accent bien de chez nous… Manu joue avec le public, le fait participer, demandant à une partie de jouer les princesses bêtes et à l’autre les princes virils, de soutenir Perpignan ou Montauban pour une reprise colorée de Ça c’est l’rugby de Jean-Claude Massoulier.

Son univers alors évolue alors quelques part entre Jacques Higelin, Tom Waits, Juliette, Guidoni et les frères Jacques… une belle mêlée qui voit s’affronter chansons et cabaret bancal (notamment grâce à piano qui fini par faire des siennes) pour le meilleur. Au fil des titres, ce jeune auteur-Manu Galure (par Henri Souchay)
Manu Galure (par Henri Souchay)
compositeur démontre qu’il ne faut pas forcément attendre le nombre des années pour avoir une plume subtile et parfois tendre. Car Galure n’est pas que gaudriole… c’est aussi quelques moments sensibles comme l’amour de ces vieux dont les corps flétris se rejoignent ou ces bijoux qui résonnent le long des courbes d’une femme… 

A force de boutades, baissant la garde et l’on se rend vulnérable aux rares instants d’émotions, à fleur de peau. Tout n’est donc pas que légèreté, énergie à revendre et blague aux rabais (pour jouer sur les mots), même s’il reste, pour notre bien à tous, son fond de commerce. Galure ? C’est pourtant sans chapeau (mais l’anneau à l’oreille) que se produisait le Toulousain, ce soir et pour cause c’est ainsi qu’il sera rémunéré. On sait déjà que l’on aura plaisir à retrouver la petite fille et son petit air piano, le pianiste aqueux du Titanic et leurs acolytes, tout comme on aura plaisir à venir traîner ses guêtres au Living B’Art.

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