9/10Musée du Jouet de Colmar - Les 75 ans de Tintin

/ Critique - écrit par Lestat, le 27/06/2004
Notre verdict : 9/10 - Amusant et émouvant (Ecrivez votre critique)

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Un peu planqué dans la Rue Vauban, c'est par un "ah tiens, c'est là ! " que le visiteur tombe nez à nez avec le Musée du Jouet de Colmar. L'extérieur ne paye pas de mine, coincé entre les commerces de la rue piétonne. Une jolie vitrine, une porte ouverte... nous entrons ?

Un petit couloir nous accueille. Au bout, un comptoir où s'accoude un réceptionniste débonnaire et souriant. Encore quelque pas et nous voici dans un endroit étrange où le temps n'a plus lieu d'être. Je suis au milieu d'une salle immense et autour de moi, emprisonnée dans des vitrines, des automates, des maquettes, des puzzles...Je lève les yeux : la fusée de Tintin, cette sorte de suppositoire rouge à carreaux blancs me survole en dodelinant tranquillement. Du 1er avril au 7 novembre 2004, le Musée du Jouet de Colmar célèbre Tintin, né il y a 75 ans sous le crayon d'un certain Georges Remi, alias Hergé. Raison de ma présence ici. Mais avant tout, baladons nous dans ce musée.

La première salle est celle des pantins, automates en tout genre et bien sur des expositions temporaires. Ici un petit orchestre de singes joue un air endiablé. Là un immense manège tournicote. Une créature perchée sur un monocycle passe soudain sous mon nez. Comment diable cet engin fait il pour ne pas se casser la figure ? Promenons nous. Tiens, un jeu de mécano. Quand j'était gamin, j'en avais trouvé un dans la cave de mes grands parents, mais bien incapable d'en faire quoi que ce soit.

Montons, car Tintin oblige, j'y reviendrai. Le deuxième étage parlera davantage à toutes celles qui furent petites filles. Poupées, petite dînette, maison aux détails extraordinaires. Tout respire le charme d'antan, le souci de la précision, la noblesse des matériaux. "Maman fait mes robes, je fais celles de mes poupées" clame une machine à coudre miniature signée Singer. Un petit manoir apparaît dans un coin. S'amusait on vraiment avec ces objets ? Où s'arrête le jouet et où commence l'oeuvre d'art, telle est la question.

D'un pas léger, je monte au troisième. Voici ce qui fit un temps la réputation de ce musée : ses trains miniatures. Voici une salle entière où se croisent inlassablement wagons et locomotives. Tchou ! Tchou ! En voici un qui me dépasse. Il transporte des dinosaures en plastique. A l'aiguillage, un autre attend de partir. Son passager est un chat en peluche. Au milieu, un petit paysage minier est recrée. Un funiculaire fait des allées et venus, des téléphériques vont et viennent, et bien sur, des trains s'alternent. Un touriste, appareil photo sur le ventre, regarde tout ça l'oeil embué. Il est avec ses souvenirs, ne le dérangeons pas. Jouets mais aussi véritables pièces de collection, avec cette impressionnante locomotive d'1m40.

Redescendons sur Terre à présent, ou plutôt de deux étages. C'est Tintin qui est à l'honneur aujourd'hui. Une bonne partie de la première salle est consacrée au reporter à la houppette. On y retrouve quelques bandes dessinées et, surtout, une immense collection de produits dérivés. Entre les traditionnels puzzles, verres, classeurs et figurines surgissent des objets bien plus fascinants. Des publicités d'époque, où Tintin vante les mérite de la 2CV6. Un jeu de plateau. Des tentes, des jeux de cartes, des sacs, des calendriers. Sans oublier le célèbre Tintin Orange, la boisson des jeunes de 7 à 77 ans ! Et si ! Mieux, dans sa boite élégante, trône une bouteille de champagne. Sur l'étiquette, la fameuse scène d'Objectif Lune, où le Capitaine Haddock, surpris par une bouteille capricieuse, en avale par mégarde le bouchon. Des peluches Milou, un amusant T Shirt reprenant un floriège des expressions fleuries de notre capitaine, la Deuche des Dupont-Dupond, la Jeep de l'Or Noir... Tiens, qu'est ce que ceci ? Un paquet de bonbons, une boîte de fromage (!), de l'eau de toilette... Tintin marqua le monde de la bande dessinée et c'est pourtant surpris que l'on constate cette invasion insoupçonnée d'objets, certains logiques, d'autres totalement incongrus. Clou de l'exposition : un exemplaire du Petit Vingtième, le premier support où apparut Tintin, hélas bien gardé sous vitrine. Quel plaisir cela aurait pu être de consulter ces pages. Exposition instructive et au charme fou, elle s'inscrit dans toute une atmosphère. Ce musée a un aspect intemporel, où l'avion a réaction (à friction) côtoie le cheval à bascule (en peau). Tintin, porté par une jeunesse éternelle qui le fit traverser les années (le physique de Tintin et de ses compagnons n'a quasiment pas évolué au fil des albums), ne pouvait trouver meilleur lieu pour cette hommage.

Une expo à voir, Mille Sabords !

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