7.5/10Paint-Ball

/ Critique - écrit par Kassad, le 29/06/2004
Notre verdict : 7.5/10 - Warrior du dimanche (Ecrivez votre critique)

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Vous en avez marre de jouer à Counter Strike ? Vous vous interrogez sur vos capacités de "shooter-them-up" dans la vie réelle ? Vous avez envie de retrouver les plaisirs simples des jeux d'enfants style les cow-boys et les indiens ? Bref l'idée d'aller fait pan pan dans les bois et jouer à la guerre vous démange ? Le paint-ball est fait pour vous ! Passe temps régressif pour les uns, générateur de violence pour les autres, je peux vous assurer que c'est en fait un sport à part entière. Je le qualifierais même d'extrême de par les émotions qu'il procure. Essayons de voir ce qui peut se cacher derrière les clichés que le paint-ball peut véhiculer.

Les faits tout d'abord. Le paint-ball est une simulation de la guerre au moyen d'armes qui projettent des boules, d'un centimètre de diamètre à peu près, formées d'une pellicule de plastique entourant une petite quantité de peinture. Mentionnons aussi le masque qui couvre les yeux les oreilles et la bouche. Les armes, on dit marqueurs dans le jargon, sont des pistolets fonctionnant à air comprimé. Elles peuvent projeter la capsule jusqu'à une cinquantaine de mètre et la vitesse en sortie de canon est de 90 m/s. Autant dire que quand on est touché on le sent et on le voit sur et sous les vêtements (un petit bleu de la taille d'une pièce d'un euro), et qu'il vaut mieux éviter de shooter un adversaire à moins de 5-6 mètre. A partir de là tous les scénarios sont imaginables : du carnage où l'on tire jusqu'à épuisement des munitions (avec une petite pénalité pou celui qui est touché) jusqu'aux "mission" les plus diverses (souvent à base de fanion à aller récupérer, de personne à protéger etc...). Le paint-ball peut se pratiquer aussi bien dans les friches industrielles que dans la forêt. Des arbitres, courageux et non armés, s'assurent que les personnes touchées sortent du jeu et évitent les dérives éventuelles...

Autant jouer carte sur table, il est clair que les paint-baller sont a 99% des hommes, et que parmi eux un certain nombre porte une coupe de cheveux que je qualifierais de "réglementaire", si vous voyez de quoi je veux parler. Mais la question reste posée : peut on apprécier le paint-ball sans être un nostalgique de la grenade apatride à sept flammes (la légion pour ceux qui ne suivent pas) ? Rien de tel que l'expérience pour répondre à ce type de question. C'est à l'occasion d'un enterrement de vie de jeune garçon d'un ami que je me suis glissé dans la peau d'un combattant du week-end. Nous sommes 14 et rencontrons un autre groupe de taille équivalente dans une forêt de la plaine de l'Ain. Le premier scénario est d'actualité : il s'agit tout simplement d'une chasse à l'homme et nous nous mettons à 40 pour poursuivre les deux pauvres jeunes garçons qui tentent de nous tendre une embuscade. La première bataille est impressionnante, je ne m'attendais à un tel déferlement d'adrénaline. On se prend vite au jeu en entendant les balles siffler autour de soi. Un projectile me rase le torse sans me toucher vraiment : juste de quoi me faire réfléchir un peu... Comme il se doit cette partie ne dure pas longtemps, ce n'était pas le but non plus, et nous repartons avec cette fois pour mission de protéger le bachelor de l'équipe adverse. C'est une vraie bataille rangée qui s'amorce. On peut tester tous les petits "trucs" mille fois vus au cinéma : couvrir ses collègues en tirant n'importe où pendant qu'il avance, faire des petits groupes de trois ou quatre, se parler par gestes etc. Nous progressons d'arbres en recoins jusqu'à ce que je me lance dans un contournement hasardeux d'une casemate ennemie. J'ai été un peu optimiste et la sanction ne se fait pas attendre : je m'en prend une en plein dans le sternum. Ouch ça fait quand même un choc, je lève les bras et crie OUT pour bien signifier que je ne fais plus parti du jeu. Je devrais attendre la prochaine partie pour participer de nouveau. Une fois en sécurité on peut retirer les masques et discuter de la partie avec les autres.

En conclusion je dirais que le paint-ball peut aussi bien se pratiquer comme un sport que comme un loisir. Cependant dans ce dernier cas il me semble important de participer avec des amis que l'on connaît bien histoire d'éviter que les esprits ne s'échauffent inutilement. En effet le fair-play est une composante incontournable d'une partie agréable, bref pour que tout cela ne reste qu'un jeu. Il n'y a rien de plus agaçant que de voir un mauvais joueur continuer à tirer alors qu'il a été "marqué". En tous cas je suis sûr que vous apprécierez la montée d'adrénaline qui se produit quand on sent les impacts des balles ennemies sur son abri ou quand sifflent les balles à vos oreilles. Le plus impressionnant restant quand vous devez faire une petite course à découvert. Je suis sûr qu'après ça vous ne jouerez plus à Doom de la même manière...

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