4/10Parc de Parilly - Lyon

/ Critique - écrit par camite, le 12/08/2004
Notre verdict : 4/10 - "On dirait un square qu'ils ont voulu agrandir." (Ecrivez votre critique)

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Clarifions les choses d'entrée de jeu : il ne s'agit pas ici de dénigrer gratuitement un (grand) espace vert offrant un peu d'air à des communes (Bron et Vénissieux) dites de la banlieue lyonnaise (généralement moins sexy à première pensée que le centre ville ou les collines de Fourvière ou de la Croix-Rousse) ainsi que des équipements sportifs de choix pour les scolaires ou athlètes de week-end (voire plus). Simplement d'évaluer, autant que faire ce peut, un lieu de promenade en gardant à l'esprit que le coin compte des parcs comme Gerland ou la Tête d'Or. Et là, comme dirait la conscience collective de M6, c'est le drame.

A la décharge de l'endroit, l'Histoire tient parfois à peu de choses. En 1938, l'assemblée départementale charge le bien nommé architecte Pierre Bellemain de réaliser le plus beau parc de France (et bien dites-moi). Manque de chance, la guerre vient contrarier les projets de lac, patinoire et canal. A la place : boisement, hippodrome et zone de sports sur 178 hectares (au lieu des 200 initialement prévus). Bonne chose pour les amateurs de ch'wal, l'athlétisme (stade homologué pour les compétitions officielles internationales) et les jeunes footballeurs (ou rugbymen, volleyeurs, handballeurs et basketteurs).

En revanche, peu d'occasion de s'émerveiller pour les enfants (une petite aire de jeux, mais toutes les aires de jeux se ressemblent quand on est môme) ou les promeneurs. Les bois paraissent bien tristes et ne donnent pas vraiment envie de s'y assoupir pour une sieste. Les possibilités de balades offertes par les (mornes) sentiers sont peu nombreuses. Les entrées semblent toutes semblables (ces arcs verts, mon dieu, encore un peu et on se croirait arrivé dans un Jardiland). Quant aux voies automobiles, elles restent toujours proches quel que soit l'endroit où l'on se trouve. Si c'est faux géographiquement, vos oreilles ne manqueront pourtant pas de vous en rappeler l'illusion. Ceux qui, plus jeunes, ont foulé les terrains ou les pistes de l'endroit avec leurs camarades de classe se remémoreront ces bons moments au cours desquels ils venaient, la tête enfarinée, cracher leurs poumons fraîchement goudronnés dans le brouillard et le froid d'un huit heures du matin hivernal.

Les joggers habitant à proximité ne devraient pas se plaindre, néanmoins. Et les étudiants du campus de Bron, à une rue de l'un de ses versants, non plus, compte tenu du peu de verdure présente dans leur fac. De là à se déplacer exprès pour s'y promener, il y a un pas qui correspond déjà à plusieurs stations de métro ou de tramway. Un pas de trop ? Après tout, si comme le disait Montaigne (ou Pascal, j'les confonds toutes les deux) l'homme a besoin de diversité pour se divertir (relire l'intégrale de ses oeuvres pour retrouver la phrase exacte, on est pas non plus des Américains), alors la médiocrité a encore de beaux jours dans nos coeurs. Et puis, apprécierait-on autant le Jardin des Hauteurs de Fourvière sans la vision déprimante d'un parc comme celui-ci ?

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