10/10Parc de la Tête d'Or - Lyon

/ Critique - écrit par camite, le 31/05/2004
Notre verdict : 10/10 - médaille d'or (Ecrivez votre critique)

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Lyon, 1856. Le sénateur Vaïsse pousse la ville à racheter à ses hospices l'ancien domaine de la famille Lambert dont la ferme porte le nom de Tête d'Or. Selon une vieille légende populaire, une tête du Christ en or massif s'y trouverait en effet enterrée. Mais le but de la manoeuvre consiste plutôt à créer un vaste parc public. Denis Bühler, architecte paysagiste venu de la capitale, se met à l'oeuvre un an plus tard avec son frère Eugène. 1862, les Lyonnais découvrent un paradis de 105 hectares sur la rive gauche du Rhône...

Critiquer le Parc de la Tête d'Or, quelle drôle d'idée. Pour tout dire, les Lyonnais qui n'aiment pas ce parc n'existent tout simplement pas. A moins de compter parmi les plus ingrats de la planète, difficile d'imaginer un habitant de la deuxième (ou troisième pour les Marseillais) ville de France dédaigner un tel joyau au coeur même de la métropole. Un peu comme si un new-yorkais se plaignait de la présence de Central Park. Quant à ceux qui ne connaissent pas encore l'endroit, et bien allez-y et prenez votre tempête d'émerveillement dans la tronche. Que dire de plus ?

Qu'une fois franchies les majestueuses grilles de la Porte des Enfants du Rhône, la vision du lac vous frottera délicatement la rétine. Qu'en prenant vers l'est, l'énergie des visiteurs parcourant la grande pelouse de la coupole vous incitera à revenir régulièrement pour un footing de rêve. Qu'en pénétrant dans les grandes serres, le climat tropical vous tournera la tête vers les hauteurs d'arbres exotiques centenaires. Qu'à deux pas, le jardin de cactus ou les petites serres défient la vraisemblance qui voudrait nous transporter en plein désert. Qu'en remontant vers le nord, l'étourdissant jardin botanique vous attire au contact de ses plantes carnivores ou à celui, plus apaisant, des nénuphars qui semblent sortir d'une estampe japonaise. Que de suite après, un autre jardin, zoologique, vous mettra en appétit par les odeurs sucrées des stands de friandises que certains, en dépit du règlement, lancent aux animaux. Que dire de plus ?

Que les éléphants, au regard si triste, retrouvent parfois le sourire pour amuser la galerie. Que les girafes partageront fin 2005 une savane arborée avec eux, des zèbres ou encore des oiseaux africains. Que derrière l'enclos aux crocodiles, une queue de vingt mètres se forme régulièrement pour goûter à la barbapapa. Que ceux qui préfèrent crêpes, gaufres, ou sandwichs trouveront largement leur bonheur. Qu'en plus des multiples aires de jeux classiques, les enfants accéderont au paradis sur la place de Guignol, ses grosses balançoires biplaces, son carrousel, ses petits chevaux ou voitures à pédales à louer et bien sûr son véritable théâtre de Guignol dans la tradition des marionnettes lyonnaises.

Qu'évoquer d'autre ? Le bois, ses conifères et ses feuillus ; le circuit de karting pour les plus petits, le mini golf, les promenades en bateau sur le lac ou en poney sur les allées ; la pelouse des ébats (le nom mais pas l'exclusivité) et son monument des droits de l'homme ; la grande île en hauteur qui offre un panorama magnifique sur le lac, non loin du vélodrome et du petit train qui en effectue le tour toutes les dix minutes ; la salle d'exposition de l'orangeraie ou encore la roseraie aux cinq millions de fleurs... Trop, le mot vient facilement à l'esprit tant l'immensité du territoire et ses innombrables chemins, ponts, sentiers vous empêchent de la parcourir entièrement. Le parc conserve précieusement ses petits secrets que des écureuils transportent discrètement d'un arbre à l'autre, se laissant sporadiquement repérer par les promeneurs de toute façon charmés par l'atmosphère du lieu.

Définitivement.

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