Un homme vêtu d'une chemise et d'un foulard que Yasser Arafat a rendu célèbre au monde, s'agite parmi les spectateurs qui bavardent dans le hall du théâtre. Le ton est donné : la proximité et l'intimité seront deux éléments essentiels de cette pièce. Cet homme entre le dernier dans le théâtre mais ne s'assied pas. Il enjambe la scène et se lance à grandes foulées dans les bras du texte aussi dur que poétique de Jean Genet.
Bouleversé au plus profond de son humanité, à 72 ans, alors qu'il a cessé d'écrire depuis des années, Jean Genet se rend à Beyrouth. 4h à Chatila, 4h de révolte et de dégoût envers le genre humain, 4h de compassion profonde envers le peuple palestinien. 4h au coeur des massacres du camp palestinien de Chatila. La langue est simple et juste, elle décrit dans le détail le drame mais ne verse jamais dans l'obscénité du voyeurisme nécrologique, précise et distanciée à la fois, forte de ses images hautement poétiques permettant à l'imaginaire de construire une scène plus juste que la réalité elle même. Genet dépeint ces cadavres violentés par des monstres-qui peuvent-être ces tortionnaires si ce n'est des monstres ? - avec dans l'oeil une tendresse rendant à ces sacrifiés toute leur dignité. C'est un cri d'amour pour les Palestiniens que nous offre Jean Genet, un amour douloureux qui s'indigne contre les exactions odieuses commises contre ces gens plein de vie, ces femmes courageuses et rebelles, ces jeunes hommes fiers et beaux.
Alors comment porter cette parole simple et tumultueuse sur un plateau de théâtre ? Comment toucher comme l'on a été touché à la lecture de ce texte ? Michel Véricel choisit la sobriété et le naturel pour rendre ces mots plus proches de nous, pour faire résonner en nous cet appel d'une actualité brûlante. Il se faufile dans la peau d'un Jean Genet émouvant et fort, hésitant à parler, comme écoeuré par les mots qui s'apprêtent à se faire entendre, il nous plante son regard franc et brillant et nous émeut à coups sûrs. A deux pas du spectateur, Michel Véricel devenu Jean Genet, choisit de s'adresser au public, comme à des amis à qui il raconterait son voyage, revivant ses peines face aux atrocités mais aussi son admiration face à la culture et au tempérament des Palestiniens. Peu de gestes, pas de cris, et pourtant les images nous frappent de l'intérieur, la violence s'infiltre en nous comme vécue, on partage, on vit les souffrances de Jean Genet ou de Michel Véricel, faits, semble-t-il, d'une même chair.
Le décor est fait de peu, mais ce peu est finement pensé. Un intérieur, comme la chambre d'hôtel où vit Jean Genet dans ce voyage, une porte qui protège de l'extérieur et ouvre sur un spectacle morbide, quelques parpaings, symbolisant le camp et la rue, cercueils improvisés des corps martyrisés, des murs de peintures rouges et délavés, au sol un tapis typique. Le décor n'est pas là pour représenter, il est là comme tremplin à notre imagination qui se hâte bien de faire le reste. La lumière et le son sont soignés. La sobriété du spectacle est bien conçue et fonctionne réellement. Alors, ça ne trompe pas, si le spectateur se laisse aussi facilement entraîner, c'est bien le talent de Michel Véricel qui en est le responsable. Il nous apparaît si familier, si humain, chaleureux dans ses sourires, exténué dans sa révolte, qu'il gomme le rapport scène/salle. On entre sur le plateau. Son jeu franc et simple est en harmonie avec le texte de Genet.
C'est par sa forme épurée que la mise en scène de Michel Véricel porte le plus justement le vécu de Jean Genet. L'humain et l'émotion retenue sont au coeur de cette pièce bouleversante, universelle et péniblement ardente d'actualité. Elle chamboule les tripes pendant quelques heures...
Lilly []

Zodiaque - Tome 3 - Le Choix du Gémeaux
Clip du jour : Burn it down de Linkin Park
Welcome to Hotel William Child Bird T.2
Sanctum T.2
Mélusine - Tome 20 - Envoûtement
Récapitulatif du 21/05 au 27/05 - La semaine Krinein
Seven Shakespeare T.1
L'habitant de l'infini T.27
The Walking Dead - Le guide de A à Z
Qui a gagné l'Eurovision ?
La critique du film De rouille et d'os
The Dark Knight Rises : les affiches des personnages
La critique de Margin Call
La critique de Moonrise Kingdom
Abraham Lincoln : chasseur de vampire ! Vraiment ?
Underworld 4 : arrêtez, par pitié !
La critique de Dark Shadows, le nouveau Tim Burton
Dossier Spécial : Ces acteurs qui jouent ou qui surjouent
The Amazing Spider-Man : la nouvelle bande-annonce !
Expendables 2 : la bande-annonce est là !
Clip du jour : Rocky ground de Bruce Springsteen
La kitscherie du vendredi #4 : Tarzan boy
Reprise de poids #65 : le top NME
Clip du jour : L'enfant sauvage de Gojira
Séverin - Séverin
Clip du jour : Move in the right direction de Gossip
Liars - WIXIW
Clip du jour : Jersey des Naive New Beaters
Kaboul Kitchen S1 - Le patron... C'est Jacky !
Catch - WWE - Over the Limit - 2012
Koh-Lanta 2012 : les stratégies pour gagner
Mafiosa, le clan saisons 1, 2 et 3
Africa - A rede invisivel : un documentaire sur les héroïnes invisibles d'Afrique
La première vidéo d'Elementary, Sherlock version US
Récapitulatif du 14/05 au 20/05 - La semaine Krinein
Catch - Impact Wrestling - Sacrifice - 2012
Koh-Lanta 2012 : la revanche des héros : qui a été éliminé ?
La critique de la série The Walking Dead, Saison 2
Buffy contre les vampires - Saison 3 - Tome 7 - Mauvais sang (I)
Sherman - Tome 6 - Le pardon. Jeannie
7 Dragons
Brit - Tome 2 - Déserteur
Festival d'Aubenas 2012
La Nouvelle Bande des Pieds Nickelés - Tome 3 - Expulsés volontaires
SHELLEY, de Casanave et Vandermeulen - Dédicace à PARIS
Le Berceau des Esprits - T.3
Kuroko's Basket T.3
Waltz T.2
Re:BIRTH The Lunatic Taker T.3
Puella Magi Madoka Magica T.1
Reborn T.30
Mario Tennis Open - Test 3DS
The Secret World : Alan Wake dans Left 4 Dead ?
Tom Clancy's Ghost Recon : Future Soldier - Test Xbox 360
The Walking Dead - Episode 1 : A new Day - Test XBLA
Diablo III - Test PC
Best of Collector #26 : Borderlands 2
Mise à jour de Mario Kart 7 : la fin des glitchs-raccourcis Pic Wuhu et cie !
Minecraft Xbox 360 Edition - Test XBLA
Diablo III - Blizzard est dépassé
J'irai glander chez vous avec ... GTA San Andreas !
Sur la route, le livre
Chansons du monde : du Brésil au Viêtnam
Les Maximonstres en deuil : Maurice Sendak nous a quittés.
Le mille-pattes
Tonio
The Casual Vacancy, le nouveau JK Rowling après Harry Potter
7 ans après (mais un an plus tard) : le nouveau Guillaume Musso
Au revoir cauchemar
Lunaparc en pyjamarama
Le salon du livre 2012
Femmes nues dans Paris ?
Exposition Beauté Animale au Grand Palais
Exposition Tim Burton à la Cinémathèque
Didier pousse la Porte du Dejazet à Paris, et fait rire les masses !
Frantz Treichler joue dada - Zone Libre joue Nosferatu
Visiter le château de Cheverny : quand Tintin rencontre le 17e siècle
Le Puy du Fou reçoit le Thea Classic Awards
Berenice Abbott au Jeu de Paume
Les visiteurs du soir
Expo Gerhard Richter à la Tate Modern
Le trône de fer JCE
La critique du Signe des Anciens
Takenoko
Rök
Dungeon Lords
Une première extension pour les Demeures de l'Epouvante : vous reprendrez bien un peu d'Horreur...?
Trajan est de sortie chez Gigamic
Deux extensions Print On Demand Pour Space Hulk Death Angel
Uluru, comme un goût d'Australie
Ice 3 en magasin le 13 Avril






