Trois jours de festival et une affiche énormissime, c’était le programme de ce Solidays 2007 avec pêle-mêle : Lauryn Hill, Kaiser Chiefs, Lily Allen, Yannick Noah et bien d’autres… Pour cette neuvième édition, on aborde les choses avec une recette qui a fait ses preuves : un rappel à la prévention entre deux concerts et des allers-retours incessants entre les quatre scènes disposés tout autour de l’hippodrome de Longchamp. Et si tout les spectateurs en profitaient bien les deux premiers jours, le calvaire du troisième jour dû à un invité surprise – la pluie – en avait découragé un grand nombre d’assister au show avec une affluence bien plus faible.
La journée de vendredi s’étant déroulé retenait l’attention avec les apparitions de Lauryn Hill, Kaiser Chiefs, The Editors et le fabuleux Garland Jeffreys pour l’international et Eiffel, No One Is Innocent ou encore les Fatals Picards côté français. Malheureusement… nous n’y étions pas ! Mais la journée de samedi commençait sur les chapeaux de roue avec Nelson, jeune formation française dans le sillage de Déportivo. Même rage, même envie de pousser le bouchon un peu plus loin, avec peut-être encore plus d’inspiration. En ce début d’après-midi, ils n’ont pas de concurrence en face d’eux et les spectateurs s’agglutinent devant la scène comme des sardines. L’entrée en matière est correcte, le groupe envoie le son pour un set de bonne qualité.
Pas encore tout à fait lancé pour cette journée, le festival attend son premier coup de tonnerre communicatif. Ce n’est pas Samarabalouf qui leur donnera sous la tente Phénix. Mais le trio de jazz manouche instrumental parvient à attirer l’attention à travers sa bonne humeur et arrive à produire quelques merveilles comme sur son dernier titre où le public entame une mini-gigue… Mais rien à voir avec l’autre côté, sur la scène Bagatelle où Tokyo Ska Paradise Orchestra et leurs « magnifiques » estes rose déchaînent les passions des premiers rangs du public. Survitaminé à travers les relents de guitare, ils se plaisent à reprendre de nombreuses intros connus (celle du Parrain entre autres…). Hurlant à tout bout de champs, avec une chorégraphie dantesque de précision rythmique, le ska nippon fout le feu aux Solidays. Prestation réussie même si l’impression transparaît gravement que les arrangements manquent parfois de finesse dans ce capharnaüm ambiancé.
Quelques temps plus tard, c’est Superbus qui arrive. Après Tokyo Ska Paradise Orchestra, ça fait grincer des dents. Dès l’intro de Lola, le jeunisme à tout va et l’attitude sur scène provoque des remous dans le public, du début à la fin du show. Les gestes simples de la fille de Chantal Lauby se montrent particulièrement efficaces pour faire hurler les premiers rangs de fans durs. A l’inverse, l’arrière-garde se montre plus discrète. Et toute l’attention captée l’espace d’un titre se perd dès le second titre ponctué d’onomatopées (Jeune fille). Mais avec son déluge de tubes, le groupe réussit sa prestation (Ready or not notamment). De son côté, Renan Luce paraît presque seul en attirant bien moins de monde… sauf les rebutés de Superbus. Il délivre sa chanson dans une version bien moins intimiste que sur son album (Lacrymal Circus), partant même parfois dans le festif (Aux voisins les voisines). Son jeu de scène sobre fat de sautillements et d’annonces amusantes au public, ainsi que sa voix légèrement écorché à la Tétard se montre plaisante. Pas d’erreur de casting aux Solidays, la preuve par les acclamations à la fin de chaque titre, Boîte aux lettres faisant un malheur.
On attendait beaucoup de Sean Lennon et sa pop-rock émotionnel. Pas ou peu de débordement sur Headlines aux tonalités folk-rock mais le manque de coordination entre les musiciens laisse parfois pantois et rend le show peu attractif. On y préférera M.A.P qui prend le relais des japonais sur la scène Bagatelle. Leur entrain et leur bonne humeur communicative transpirent de simplicité. Les bras balancent et le public est conquis en moins de deux titres. Les airs d’accordéon répondent aux beats explosifs entre un slam revendicatif mais bourré d’humour sur la condition d’immigré en France. Ajoutez une bonne dose de rires en prime pour une chanson d’amour raté et M.A.P devient le coup de cœur de la journée. A la croisée des chemins de la chanson française et la musique orientale enrobée dans du hip-hop, le groupe trouvent son originalité dans une dérision permanente. Leur duo avec Les Motivés (ex Mouss et Hakim) est une association évidente mais réussie sur Bal Populaire.
Pas d’erreur de casting ou… presque. L’arrivée de Sum 41 sur La Chevauchée des Valkyries, livrant sa prestation habituelle faite de rock à deux accords, provocant et creux. Même s’ils ont beau mettre l’ambiance, ça ne vole pas haut comme on pouvait s’y attendre. Eternels adolescents à tout point de vue, le stéréotype du groupe de rock californien semble avoir subi le contre-coup de sa propre vague devant un public moins excité que sur M.A.P. Les étasuniens sont des showmen balançant leur sauce ketchup avarié en deux accords et une ligne de basse plate, sur une batterie qui cogne minablement. Mieux vaut voir Stuck in the Sound, bien amoindrie à cause de la pseudo affiche américaine. Rock percutant, parlant au public, le plein air convient un peu moins bien au groupe qui se débrouille pourtant avec aisance de sa prestation jusqu’à un ToyBoy de feu. Le leader est véritablement en transe lors de ses titres et le guitariste se trouve animé par son instrument. Un petit moment de bonheur après la douche froide Sum 41.
Comme une fleur, Lily Allen arrive en petit chaperon noir, une clope et un verre à la main. Quel chemin va prendre sa prestation ? Voilà une artiste totalement drunk mais qui parvient à assurer son show musicalement. Manque de professionnalisme et de respect vis-à-vis de son public, c’est certain mais on lui pardonnera devant l’assurance de ses déplacements d’un bout à l’autre de la scène. Smile passe bien, le public y trouve son compte sans pour autant décoller sur les ambiances pop reggae de la britannique… Malgré les problèmes techniques, la reformation tant attendue de FFF fait plaisir à voir. Voir un Marco Prince new look sur scène débiter un best of des meilleurs titres funk rock français de ses dernières années. C’est toujours aussi bon. S’il hurle toujours plus qu’il ne chante (Camisole, Le Meilleur et le pire, Morphée), il déclenche les passions. Barbès se révèle évidemment comme le moment fort du spectacle et de la journée. Un tour dans le public et en espérant que cela dure, FFF aura fait durer le plaisir jusqu’à la dernière seconde.
Peu après la pause casse-croute nocturne, !!! maintenait l’ambiance tandis que Les Motivés portaient sans âme quelques reprises (La Cucaracha) à leur répertoire en attendant un Sinclair bien tardif et peu pressé d’apparaître sur scène. La nuit rendait le Morphée de FFF bien réel alors que les DJ se succédaient pour donner une tournure club au festival.
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Le lendemain, les réjouissances disparaissaient avec le beau temps. Les Blérots de Ravel ouvrait le festival à la manière de Nelson, en mettant de l’ambiance devant un public diminué à cause des conditions climatiques. Le reggae fut ensuite à l’honneur avec l’allemand Gentleman et les pays Skatalites, dont les accueils sur scène se firent plutôt chaleureux. Mais malheur, ô malheur, Karpatt et Kaolin devenaient contre leur gré des Assurancetourix noyant le festival sous la pluie. Les pieds trempés dans l’herbe, ils étaient temps de mettre fin au déluge. Tant pis pour Ayo, Diam’s et Oxmo Puccino !
juro []

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