Visiter le château de Cheverny : quand Tintin rencontre le 17e siècle

/ Critique - écrit par Guillaume (), le 04/04/2012

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Hergé, le créateur de Tintin a contribué a faire connaître le château de Cheverny. En effet, Moulinsart, la demeure du capitaine Haddock, en est directement inspiré, en version plus réduite. Pourtant, même sans cette référence, le château mérite le détour.

La visite de Cheverny, accompagnée d'un temps au beau fixe est savoureuse. L'édifice est dans un état particulièrement bon, les décorations ont encore leurs couleurs, le mobilier présenté est dans un état parfait. L'immersion historique est aisée, tout en gardant à l'esprit que le château est encore parfaitement habitable.
D'ailleurs, le Marquis et la Marquise de Vibraye, nos contemporains, ont leurs appartements dans l'aile droite du château.


Le château de Cheverny.

Philippe Hurault de Cheverny et son épouse, Anne de Thou, firent bâtir le château entre 1624 et 1630. C'est la marquise de Montglas qui en finalisera la décoration intérieure.

L'architecte, Boyer, mit à profit la pierre tendre de Bourré pour monter les murs, ce qui, au fil du temps, éclaircit les façades tout en permettant une solidité plus prononcée que le Tuffeau utilisé habituellement dans la vallée de la Loire.

La décoration intérieure est l’œuvre de Jean Monier, originaire de Blois, fameux pour son talent remarqué par la Reine Marie de Médicis.

La visite de Cheverny propose de découvrir, bien évidemment, le château, mais aussi les jardins, les chenils, la salle des trophées ainsi que l'exposition Tintin.

Le château de Cheverny

De l'extérieur, le château est comme tous ceux de la Loire, plaisant à contempler. Il semble dans un état impeccable, sa pierre claire contribuant largement à cet état de propreté.

À l'intérieur, on est surpris dès les premiers pas par l'omniprésence des motifs : des murs aux plafonds, le moindre espace livre se voit doté d'un dessin, souvent géométrique, ou parfois de tentures ou de tableaux. C'est somptueux, on sent le luxe et les heures passées à couvrir tous les pans de murs et les poutres de motifs.
Incroyable ! On ne voudrait pas de ça à la maison, mais dans de si beaux volumes, dans un château, c'est éblouissant.


Cire, entretien et motifs à outrance.

Ce qui frappe le plus à Cheverny, c'est la propreté et la netteté du lieu qui s'associe à une atmosphère assez chaude : on pourrait croire que toutes les pièces du château sont habitées. On ne s'étonnerait pas de voir sortir un homme en costume de la pièce d'à-côté.
Les mises en situations, bien que très légères n'y sont certainement pas pour rien : une table ne reste pas nue quand elle peut accueillir des photographies des maîtres des lieux ou un service à thé et quelques mets.

Les chenils

Les chiens français tricolores sont plusieurs dizaines dans les chenils. Pas de quoi s'émerveiller pendant des heures, mais il y a un côté fascinant à découvrir autant de chiens "jumeaux" côtes à côtes.

La salle des trophées

Une grande salle dans laquelle on ne peut pas tellement s'aventurer puisque des barrières empêchent de s'approcher des murs. C'est bien dommage car des tableaux représentant des scènes de chasses y sont accrochés. Trop éloignés, on ne pourra pas en dire grand chose. Des trophées de chasse sont accrochés aux murs. On n'entrera pas dans le débat de la chasse, bonne ou mauvaise pratique, mais en tout cas, Cheverny est historiquement un endroit privilégié pour la chasse.

L'exposition Tintin

Tintin et Moulinsart, Tintin et Cheverny... il n'en est question que très rapidement dans la première salle qui introduit l'exposition. Ici on ne va pas se prendre la tête à décortiquer les rapports d'Hergé avec le château, à savoir pour quelle raison le dessinateur a pris Cheverny comme modèle. Non, loin de là.

L'exposition Tintin c'est plutôt une immersion dans certaines scènes ou pièces clés des aventures du reporter. Le laboratoire de Tournesol avec ses inventions extravagantes, le rire d'Abdallah qui résonne tandis qu'il multiplie les farces, le téléphone qui sonne pour demander la boucherie Sanzo, tout cela crée une atmosphère, mais ne cherche pas à expliquer. D'ailleurs, y aurait-il quelque chose à expliquer ? Après tout, si Cheverny a servi de modèle à Hergé, c'est bien comme lieu, non pas comme inspiration pour les aventures à proprement parler.


L'exposition Tintin à Cheverny.

C'est une mise en scène plutôt efficace qui ravira les plus jeunes, fascinés de pouvoir découvrir en trois dimensions un univers de cases.

Le château de Cheverny est sans aucun doute l'un des châteaux incontournables de la Loire. Chambord ou Chenonceau sont peut-être plus prisés, mais c'est un coup de cœur pour l'aspect vivant de la vie de château. À aucun moment on ne s'attend à croiser le fantôme d'un Louis ou d'un François !

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