Le goût de la framboise, au Théâtre des Béliers en Avignon
Une pièce profondément humaine, entre blessures, injustices et espoir.
Cette critique figure dans nos 4 étoiles et plus.
Derrière les blessures et les injustices, Le Goût de la framboise raconte aussi une histoire de rencontres, de reconstruction et d’espoir. Une pièce poignante à ne pas manquer !
Résumé:
Été 1998, Stella, 19 ans, est incarcérée en centre de détention. Immergée dans la violence du monde carcéral, privée d’avenir, elle va devoir partager sa cellule avec une femme étrange, de quarante ans son aînée. Cette rencontre va bouleverser sa vie.
Automne 1975, alors que tout semble être fait pour qu’elle échoue, Marcelle, une jeune chercheuse en astrophysique, est sur le point de faire une découverte sans précédent.
Notre avis:
La pièce parle de violences faites aux femmes mais c’est surtout un message d’espoir qui reste en tête. À travers des destins marqués par les injustices, "Le Goût de la framboise" raconte les rencontres qui permettent peu à peu de se reconstruire et de reprendre sa place.
"Le Goût de la framboise" est une pièce chorale qui croise deux histoires, deux époques et deux univers très différents. Pourtant, jamais le spectateur ne perd le fil grâce à la mise en scène qui rend l’ensemble très lisible. Les décors changent de fonction et participent pleinement à l’histoire. Les transitions sont fluides et permettent au spectateur de suivre naturellement ces différents fils narratifs.
Au cœur de la pièce, il y a la question des violences faites aux femmes. Elles apparaissent sous plusieurs formes: celles exercées par un homme en position d’autorité, celles qui peuvent s’installer dans une relation de couple mais aussi celles qui existent entre femmes dans un univers carcéral. La pièce montre les parcours, les blessures et les mécanismes qui enferment.
Mais ce qui touche particulièrement, c’est que les personnages ne sont jamais réduits à ce qu’ils ont subi.
On se prend rapidement d’affection pour Stella et Marcelle. Leur relation évolue progressivement, avec beaucoup de justesse. Ces deux femmes, marquées par les épreuves et les injustices, vont apprendre à se connaître, à se faire confiance et à s’aider. Leur histoire rappelle qu’il est possible d’avancer, même lorsque la vie ne nous a pas donné les meilleures cartes au départ.
Cette évolution se retrouve aussi dans les relations entre les prisonnières. Derrière les tensions apparaissent peu à peu les fragilités de chacune. Les carapaces tombent et laissent place à davantage de compréhension et de solidarité.

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L’autre grand thème de la pièce est la place des femmes dans les sciences. Longtemps considéré comme un territoire masculin, ce milieu oblige encore les femmes à prouver davantage leur légitimité. Elles doivent faire leurs preuves, travailler plus, parfois encaisser en silence avant d’être reconnues. Le choix de l’astrophysique est particulièrement intéressant; l’espace comme métaphore de liberté.
Et que les moins scientifiques se rassurent: nul besoin de maîtriser toutes les notions d’astrophysique pour apprécier le spectacle ! Si certaines explications peuvent nous dépasser, elles servent avant tout le récit et ne sont jamais un obstacle.
Sur la forme, la pièce est portée par des dialogues justes et une interprétation convaincante. Le rythme est bien dosé, alternant scènes plus tendues, moments d’émotion et quelques touches d’humour qui apportent une respiration bienvenue.
Au final, Le Goût de la framboise ne se contente pas de raconter des violences ou des injustices. La pièce parle surtout de résilience, de solidarité et de cette capacité à retrouver une forme de liberté, parfois grâce aux rencontres qui changent un parcours. Krinein recommande vivement cette pièce, véritable coup de coeur du Festival d'Avignon 2026, qui sera reprise fin août aux Béliers Parisiens.

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Informations pratiques:
Théâtre des Béliers en Avignon,
À 19H05
Du 4 au 25 juillet – Salle 1
Relâches les jeudis 9, 16 et 23
Théâtre contemporain / Durée : 1h20
De : Raphaële Volkoff
Mise en scène : Martin Darondeau
Avec : Laura Authier, Benoit Blanc, Machita Daly, Octavie Durand, Nanou Garcia, Raphaële Volkoff
Lumières : Jean-François Domingues • Scénographie : Capucine Grou-Radenez • Costumes : Chloé de Nombel • Musiques : Simon Meuret





